Archive for juin 2009
Sur les hauteurs

Cromozome par l’ensemble Trouveur Valdotèn. Cet enregistrement a le mérite d’emmener l’auditeur sur les hauteurs : les sentiers du Val d’Aoste, région singulière et francophone des Alpes italiennes. L’ensemble , fondé à la fin des années 70, allie créativité et authenticité. Il nous convie à un voyage à la fois intime et universel, proche et lointain. Un enregistrement qui regorge de vie et une musique qui fait naître des paysages dans les oreilles !
Catherine
TROUVEUR VALDOTEN. Cromozome (Felmay, 2008 ) Disponibilité
Add comment 24 juin 2009
Tirer-pousser
Aujourd’hui, j’ai choisi de vous présenter “Réunions de chantier”, le CD du duo Pennec -Bertrand, tous deux accordéonistes diatoniques. CD qui a réussi à s’imposer, malgré des conditions d’écoute difficiles. Et oui, c’était un de ces jours où pas grand chose vous fait rigoler et où il vaut mieux qu’on ne vous colle pas de trop près dans le bus. J’avais donc une pile de nouveautés de musiques du monde devant moi et tout en copiant-collant des références, des trucs et des combines dans un fichier Excel, je me faisais une idée rapide et définitive des pauvres artistes qui me tombaient sous la main. Tout cela casque sur les oreilles, puisque nous sommes plusieurs à partager le même espace de travail. Avec une telle humeur, adieu ouverture d’esprit, étonnement et plaisir de la découverte. Bonjour a-priori, haussements d’yeux au ciel et ricanements.
Nos deux accordéonistes n’eurent pas fini le premier morceau (qui pourtant ne dure qu’une minute 32 secondes), que déjà j’esquissais un sourire. Au deuxième morceau “Polka Marguerite”, je battais savamment le rythme à l’aide de ma souris et lançais des petits sons d’accompagnement pour marquer le tempo et ma joie naissante. Spectacle toujours étonnant (ridicule ?) pour les collègues environnants.
Quoi qu’il en soit, c’était bon. J’avais retrouvé ma joie de vivre et ça c’est inestimable. Quand un CD me donne envie de courir, de prendre le train, de voir la mer, d’être amoureuse, de faire la roue et j’en passe, c’est gagné ! Et c’est pas si souvent.
Alain Pennec et Sébastien Bertrand jouent tous deux de l’accordéon diatonique. Pour ceux qui confondent avec l’accordéon chromatique, c’est le plus petit des deux, celui qui a moins de boutons. Celui sur lequel on ne peut jouer que quelques gammes confortablement (la dominante et les relatives) et lorsque l’on appuie sur une de ses touches, le son produit est différent si l’on tire ou si l’on pousse le soufflet.
Pennec et Bertrand viennent du nord-ouest de la France, entre Bretagne et Vendée, et leur répertoire aussi. Ca sent le fest-noz à gros bouillons et ça donne envie, même pour une pogoteuse invétérée. Mais ce n’est pas que sautillant. Il y a aussi de belles mélodies lentes qui vous tordent le coeur (Un jour, un jour). Les arrangements sont simples et élégants. L’enregistrement met l’instrument en valeur. On entend le souffle, les boutons, mais ce n’est pas pour autant rocailleux ; c’est plutôt précis, comme si on y était. Les basses sont joliment présentes et la ligne mélodique avance librement. Vous l’aurez compris, c’est un CD qui fait du bien. Et pour des réunions de chantier de ce genre, je troque volontiers mon copier-coller contre du tirer-pousser, fût-il maladroit…
Mireille
Duo Pennec Bertrand. Réunions de chantier (Cinq planètes, 2008) Disponibilité
Add comment 17 juin 2009
Guennadi Rojdestvenski, le geste pétillant
Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion d’assister à un concert dirigé par Guennadi Rojdestvenski. Je me souviens du plaisir immense ressenti alors. J’étais ressortie du Victoria-Hall sous le charme et maintenant encore quand j’y repense, les sensations sont toujours là. Pourtant, je ne le voyais que de dos…
J’ai désormais fait connaissance avec son côté face, grâce à ces deux films de Bruno Monsaingeon. L’un d’eux montre le chef russe en répétition, avec orchestre ou au piano, et parlant de son métier de chef d’orchestre.
Ce personnage est un spectacle à lui tout seul ! A visionner sans modération.
Les Notes interdites sont celles que les compositeurs soviétiques n’avaient pas le droit de composer sous Staline, qui voulait une musique joyeuse et belle. La dissonance était interdite et pouvait conduire au goulag. Film réalisé avec des extraits d’archives, avec aussi le récit de Rojdestvenski, témoin de cette époque. Edifiant.
Marie-Noëlle
MONSAINGEON, Bruno. Notes interdites : Guennadi Rojdestvensky profession chef d’orchestre (Ideal Audience, 2007) Disponibilité
Add comment 12 juin 2009