Archive for juin, 2010
L’Instant Vintage de Raphael Saadiq
Quand j’ai entendu pour la première fois le nom de Raphael Saadiq, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait (encore) d’un chanteur de rap français sorti tout droit du 9-3 avec un gros collier bien brillant, un froc trop large et pas mal de révolte à exprimer. Mal m’en a pris !
En fait, derrière ce pseudonyme aux sonorités traîtres se cache Charlie Ray Wiggins, un auteur, compositeur, interprète et producteur né en 1966 à Oakland en Californie… Ohlala la plantade !
Pour ne pas paraître idiot dans les salons où l’on cause et rattraper mon ignorance, je me suis offert l’écoute de son premier album Instant Vintage, dont la parution remonte déjà à 2002. Bien m’en a pris cette fois-ci, car j’ai découvert un album aux sonorités soul vraiment délicieuses auxquelles se mêlent par touches bien dosées des influences r’n’b, hip-hop et jazz. On appelle ça la Neo soul (ou Nu soul), c’est important à retenir pour briller en société.
En guise d’introduction, le premier morceau Doing what I can donne tout de suite le ton : une rythmique hip-hop renforcée de samples et de scratchs efficaces et adoucie par des cordes vibrantes et mélodieuses, de la soul bien chaude et très sensuelle.
La suite de l’album mérite ses 5 nominations aux Grammy Awards. On se laisse emporter par ces mélodies à la fois légères et profondes et qui semblent passer comme le temps qui file trop vite lors des bons moments de l’existence.
Le bonus, c’est Skyy, can you feel me, une plage conceptuelle de 14’33” qui réunit deux morceaux séparés par vingt secondes de silence durant lesquelles on entend vraiment les mouches voler. Un procédé déjà éprouvé de longue date par divers musiciens en quête d’expérimentation et qui n’apporte pas grand chose à l’album si ce n’est un peu d’originalité.
On aurait préféré deux morceaux distincts pour savourer dans toute leur dimension les 6 premières minutes de cette plage, sans doute les meilleures de l’album : un fantastique duo soul avec Rosie Kaye dont l’intensité calorifique incite à tomber plus que la chemise…
Bref, voilà l’album qu’on écoute volontiers par une chaude soirée d’été sur une terrasse avec des amis, un verre à la main… et la vue sur le lac et les lumières de la ville.
Christian
Raphael Saadiq dans nos collections dont l’excellent Instant Vintage.
Festival des Cropettes 23-27 juin 2010
Les Cropettes, c’est tout d’abord un charmant parc dans le quartier des Grottes, mais également un festival organisé par l’AMR. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore l’AMR, c’est l’Association pour l’encouragement des musiques improvisées, créée en 1973 par des musiciens de la scène genevoise impliqués dans les musiques de jazz et d’improvisation.
L’AMR aux Cropettes est la fête annuelle de l’association. Cette fête a traditionnellement lieu fin juin et présente une vingtaine de groupes représentatifs des styles pratiqués à l’AMR : jazz, musique improvisée, latin jazz, afro-jazz…
Le festival est bien sûr gratuit et le parc accueille en plus des concerts, différents stands de boisson et de restauration.
Quelques noms parmi les groupes invités :
Con To Los Hierros : arrangements en contre-point, deux trombones et deux cuivres, voilà un sonido typique des côtes caribéennes.
Afro Be : orchestre genevois multi-ethnique mené par la puissante et voluptueuse chanteuse nigérianne Toyin Idowu qui parcourt le répertoire de la légende de l’afro-beat Fela Kuti.
Caxasa Pura : Cachaça comme la boisson brésilienne, brésilien comme le spectacle présenté ici, basé sur la tradition du choro (ancêtre de la bossa et de la samba).
Ahmad Mansour Trio : Ahmad Mansour et son trio interactif créent une musique d’une beauté tour à tour fascinante, provocante et obsédante, du jazz avec un grand J.
Robin-Bastet Quartet : Michel Bastet, un grand du piano jazz et David Robin, un guitariste nouveau, se retrouvent pour interpréter leurs compositions, ainsi que des grands standards de jazz.
…. et bien d’autres musiciens encore, du 23 au 27 juin. Ne les manquez pas!
Retrouvez quelques-uns parmi ces musiciens, ainsi que d’autres musiciens de jazz suisses dans notre réseau.
Katia
Prince
S’il y a bien un événement à retenir en cet été 2010, pour ceux qui ne sont pas foot, c’est la venue exceptionnelle de Prince le 12 juillet au Stade de Genève.
Si si, Prince Rogers Nelson passera bien par la ville du bout du lac lors de sa mini-tournée européenne! C’est même carrément l’événement de l’année!
Vous avez déjà vos billets? Vous frémissez d’impatience à l’idée de voir le prince de la funk soul? Vous aimeriez réécouter ses albums mythiques mais vous les avez perdus dans vos multiples déménagements de ces 25 dernières années? Vous aimeriez faire connaître à vos enfants le nain pourpre qui vous a donné des frissons musicaux dans votre adolescence? Vous voulez mettre Rihanna au placard et connaître enfin de vrais riffs de guitare funk?
… Alors passez emprunter les nombreux disques, coffrets, compilations et autres DVD de Prince aux Discothèques Municipales et dans le reste du réseau!
Réécoutez ce génial et talentueux Love Symbol et précipitez-vous le 12 juillet pour le voir en live, car ses concerts sont uniques et grandioses! A ne pas manquer.
Katia
Un peu de groove pour vous mettre en appétit…
Sick Of It All à la Fête de la Musique 2010
Le groupe new-yorkais Sick of it all se produira samedi soir à Genève à l’occasion de la Fête de la musique, sur la scène de l’Observatoire. Ce groupe mythique de hardcore (la branche « dure » du punk rock), fondé en 1984 dans le Queens à New York compte une impressionnante discographie (18 galettes) qui continue de s’étendre. Et malgré les années qui commencent à se faire sentir, les musiciens de SOIA continuent les tournées mondiales à un rythme effréné. Toujours fidèles à leur musique et à leurs idéaux, les new-yorkais ont toujours eu la réputation de groupe live, donc ne serait-ce que par curiosité, je vous invite à vous rendre à la scène de la promenade de l’Observatoire samedi soir sur le coup de 23h15.
Xavier
SICK OF IT ALL. Life on the ropes (Fat Wreck Chords, 2003) Disponibilité
Le thérémine ou l’électronique avant-gardiste
Après 25 ans de discothèque, voilà que je découvre l’existence d’un instrument de musique inconnu ! Et pourtant, il a été inventé en en 1919 par le Russe Lev Sergeïevitch Termen (connu sous le nom de Léon Theremin. Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, le thérémine a la particularité de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste.
Ca ressemble à ça
et le son produit à ça
, ce qui n’est pas sans ressemblance avec le son de la scie musicale !
Chostakovitch l’a utilisé dans sa pièce Les amies, op. 41a. La plage 14 du CD signalé ici offre un beau solo de cet instrument particulier.
Marie-Noëlle
CHOSTAKOVITCH, Dmitri Dmitrievitch. The girlfriends / Polish national radio symphony orchestra, Mark Fitz-Gerald, dir. (Naxos, 2009) Disponibilité
Tuba mirum

Retrouvez mensuellement la chronique du Salon musical !
Le compte-rendu de la soirée sera désormais publié au surlendemain des conférences.
Une soirée cuivrée avec Patrick Bielser et le Post Tene « Brass » Quintet.
Dès la première minute de la soirée nous avons entendu tous les ancêtres des instruments de cuivre dont la fonction première était l’appel : corne (dans les bois), conque (en mer), cor des Alpes (en montagne), trompe (dans le désert), et même arrosoir (dans le jardin) ! A noter qu’aucun de ces instruments n’est en cuivre, ce qui ne veut absolument rien dire, car aucun des instrument actuels de cette famille n’est en cuivre non plus, mais généralement en laiton.
Puis nous avons découvert les trompettes et leurs dérivés tels qu’on les utilisait à la Renaissance, puis dans la période baroque et jusqu’à nos jours. Par exemple, nous avons pu entendre dans le même morceau de Lully, la différence de timbre entre la trompette naturelle baroque qui se jouait dans les harmoniques aiguës de l’instrument, et la petite trompette en ré mise au point par Maurice André dans les années soixante : passionnant.
Avec une incursion dans le monde chatoyant des sourdines, nous avons appris qu’elles sont apparues au 20ème siècle avec l’impératif d’égalisation du niveau sonore entre les clarinettes et les trompettes durant les séances d’enregistrement. Un jour, de retour d’Europe, le clarinettiste Sidney Bechet rapporta dans ses bagages un objet sonore tout nouveau nommé saxophone au volume considérablement plus important que celui de la clarinette habituelle : ce fut une révolution qui bouleversa le jazz pour toujours.
La soirée se termina par une prouesse musicale du corniste et compositeur Georges Barboteu, qui consista à accumuler le plus de mélodies populaires et enfantines en un seul morceau à l’arrangement et à la virtuosité ébouriffantes.
Merci à Patrick Bielser et son Post Tene « Brass » Quintet. Si vous y étiez, je serais heureux de lire vos commentaires. En attendant, bel été à tous et rendez-vous à la rentrée sous l’abat-jour !
Paul Kristof
Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
- dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
- dans le catalogue en ligne sur le site des BM.
Prochain salon musical à la Discothèque de Vieusseux, le mercredi 1er septembre 2010 à 20 h. Gilles Landini : Chopin, une recherche de la Lumière.
Handel for brass
La musique de Haendel convient aux cuivres et ceux-ci le lui rendent bien. Haendel est souvent au programme de leurs concerts et suscite de nombreux arrangements pour ce type de formation. Quelques tubes sur cet enregistrement, comme Ombra mai fu extrait de Xerxès, ou Lascia ch’io pianga de Rinaldo, rendu célèbre par la b.o. du film Farinelli. A écouter plein tube, c’est le cas de le dire. 
Par ailleurs, la musique de cuivres me convient bien également, surtout en période de blues. Mais je l’écoute aussi quand je vais bien !
Marie-Noëlle
HAENDEL, Georg Friedrich. Haendel for brass / Schweriner Blechbläser Collegium (Berlin classics, 2009) Disponibilité

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