Posts filed under ‘Animations’

Vous avez une question? Nous avons la réponse…

Le 22 février 2012 prochain, dès 18h00, à la Discothèque des Minoteries, venez passer une soirée de folie sur le thème de la musique!

En effet, nous aurons l’honneur et l’immense fierté de lancer notre tout nouveau service : MUSIC’ALL, notre service de questions-réponses sur la musique.

A cette occasion, un apéritif suivi d’un blind-test et d’un karaoké nous permettront de fêter l’événement! Avec à la clé des abonnements annuels et bisannuels d’une valeur de 65.- et 110.- !

… Mais, de quoi s’agit-il exactement?

Le service de référence musical de la Discothèque des Minoteries est un service entièrement gratuit qui répondra à toutes vos questions concernant la musique, de tout niveau et tous genres confondus.

Par exemple, vous recherchez le titre de cette mélodie qui vous trotte dans la tête… vous vous demandez, à tout hasard, que sont devenus les 4 autres membres du groupe des Jackson Five? Vous ne comprenez pas très bien la différence entre le downtempo et le trip-hop ?  Vous voulez savoir combien d’opéras de Mozart ont été joués à Genève, ou tout simplement, vous cherchez à mettre la main sur la musique qui a été jouée à votre mariage et vous ne savez pas comment faire…

C’est très simple. Venez à la Discothèque des Minoteries, pendant ses heures d’ouverture, ou téléphonez-nous… un professionnel sera à votre entière disposition pour vous répondre en vous fournissant une réponse précise accompagnée de sources fiables et validées. Si vous le souhaitez, nous vous accompagnons même durant cette recherche en vous expliquant comment trouver la réponse.

N’hésitez donc pas à venir nombreux le 22 février à l’inauguration de Music’All, pour pousser la chansonnette ou tout simplement trinquer avec nous!

Nous espérons vous voir nombreux!!!

L’équipe de la Discothèque des Minoteries

30 janvier 2012 at 7:59 7 commentaires

Quand jazz rimait avec libération

Un dialogue entre Dieter Nanz, Jacques Demierre et le public

Rien qu’à poser le titre, nous nous trouvons devant des abîmes entremêlés : ceux provoqués par la définition de chacun des termes, puis ceux qui apparaissent de leur confrontation. Quand on parle d’improvisation libre, s’agit-il d’un pléonasme, d’un paradoxe, d’une argutie ou de quelque autre figure de style ? Que signifie improviser ? Qu’est-ce que la liberté en musique ? Peut-on improviser sans liberté ? La liberté est-elle possible sans limites ? Quelle est l’apport du bagage culturel de l’artiste dans l’instant sonore qui se crée ?
Bien sûr, Dieter Nanz et Jacques Demierre étaient là pour mettre les idées en mots, et ils l’ont fait avec intelligence et sensibilité. Mais parfois le sujet se dérobe aux définitions ; alors il reste le souffle du flûtiste dans son shakuhashi, le geste du pianiste dans son instrument aux sonorités détournées de leur mécanique première. A nous, il nous reste à observer l’attitude des musiciens devant le bruissement du silence, devant la page blanche qui n’est jamais blanche, puisque la texture même du papier est déjà une indication, une stimulation, une proposition.
Alors, progressivement, apparaît le portrait du musicien fait d’écoute, de respect, d’humilité même, mais aussi de confiance, de besoin impérieux de dire, d’être porte-parole, de remplir l’espace, de rassembler ce qui est épars, de disperser ce qui est congloméré, de briser les silences d’anges qui passent, de donner forme aux rencontres, de façonner l’éphémère.
Dans cette belle soirée de Salon musical, la multiplicité des questions a provoqué les questionnements, chacun induisant l’autre, générant le suivant. Creuser ensemble l’approfondissement du mystère de la création musicale, par rebonds successifs sur les facettes du mystère en forme de bris de miroirs. La dernière question est celle qui a reflété le trajet parcouru : Et la Beauté dans tout ça ? Question esquivée par les conférenciers, mais pouvait-il en être autrement ? Peut-être réussirons-nous à l’aborder un jour au Salon musical ? Qui sait. Ce serait passionnant. Mais même si on n’y arrive pas, peu importe : le voyage aura été si beau jusqu’à son émergence !
Paul Kristof

Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
- dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
- dans le catalogue en ligne sur le site des BM.

Prochain Salon musical à la Discothèque de Vieusseux,
le mercredi 1er février 2012 à 20 h.
Carte blanche à Nicolas Bolens, compositeur

7 novembre 2011 at 6:10 Laisser un commentaire

Shake you Shakespeare : musique et théâtre

Conférence de Michele Millner & Yves Cerf

Il paraît que la musique se perçoit avec un lobe du cerveau et les mots avec l’autre.
Brouiller les pistes, démultiplier les voix, ne plus savoir qui parle, qui chante, qui joue, qui pleure, à qui elle ou il s’adresse, ce qu’elle dit, en quelle langue parlée ou musiquée, à quelle partie de mon cerveau, de ton corps, de son âme?
Il en restera forcément quelque chose…
un rire peut-être.
Un souvenir en tout cas ; une graine à germer.

Merci

Paul Kristof

Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
- dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
- dans le catalogue en ligne sur le site des BM.

Prochain Salon musical à la Discothèque de Vieusseux,
le mercredi 2 novembre 2011 à 20 h.
Christian Steulet :
Quand jazz rimait avec Libération

11 octobre 2011 at 7:59 Laisser un commentaire

Musiques pour se sentir seul

Conférence de Bertrand Soulié

Ca y est, le voile a été levé. Nous avons vu les musiques et entendu les images qui se cachaient derrière le mystérieux titre de cette soirée.

Depuis toujours, l’intérêt de Bertrand Soulié se porte sur les musiques d’aujourd’hui, celles qui ont intégré les grincements, les gémissements, les cris, les claquements, les feulements et les grondements. Le grincement de la pompe est aussi indispensable que la Musique des Sphères (Thoreau).

Bertrand Soulié aime les musiques qui nous libèrent de la tyrannie de la mélodie. Celle qui se vrille au creux de notre oreille, que nous chantonnons sous la douche et qui nous empêche d’entendre les gouttes d’eau ruisseler sur la peau. Le seul problème avec les sons, c’est la musique (John Cage).

Bertrand Soulié rêve d’une épitaphe pour sa tombe à venir : Ci-gît le compositeur de la Symphonie des gouttes d’eau. Et le fait que cette symphonie n’existera jamais ailleurs que dans son imaginaire, ne devrait gêner personne.
Si vous avez la curiosité de l’entendre, vous n’avez qu’à l’imaginer vous-même !

Le jardin secret dont Bertrand Soulié nous a fait le cadeau d’une visite guidée, est bien empli de sons et de formes, de musiques et de paysages, d’interrogations et de curiosités. Pour notre part, ce que nous y avons découvert, c’est surtout notre propre regard que nous portons sur le monde, la qualité de notre propre écoute. Et c’était, je le crois, exactement l’objectif de Bertrand Soulié avec sa conférence.

S’agissant de la musique, l’important n’est pas tant de savoir ce qu’elle nous apporte, mais plutôt de savoir ce que nous sommes prêts à y apporter nous-même. Quelle écoute ? Quelle disponibilité ? Quelle curiosité ? Quelle soif ? Car l’impact de la musique sur nous ne sera jamais ni plus ni autre que celui que nous voulons bien lui accorder pour cela.

Merci à Bertrand Soulié d’avoir entrouvert le portail de notre propre imaginaire, et surtout d’avoir évité d’en graisser les gonds. Il faut bien que le portail du jardin grince en s’ouvrant, car qui sait si la musique qu’on entendra derrière sera aussi belle que le grincement lui-même, fût-il le jardin de l’Eden ?

Paul Kristof

Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
- dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
- dans le catalogue en ligne sur le site des BM.

Prochain Salon musical à la Discothèque de Vieusseux, le mercredi 7 septembre 2011 à 20 h.
Claudio Chiacchiari : Matière et antimatière dans la 5ème de Beethoven

3 juin 2011 at 4:32 Laisser un commentaire

Le Silence, le bruit et la musique

Conférence de Fernando Sixto

Fernando Sixto est l’infatigable programmateur des concerts de la Cave 12 à Genève, musiques qui prospectent généralement aux frontières des mondes sonores connus.

Avec cette thématique, on est loin de la fonction douce, jolie et apaisante de la musique. On en est même aux antipodes. Dans son sens le plus large, la musique est une mise en scène d’un espace sonore, quelque que soit l’espace, et surtout, quelques soient les sons qui y sont projetés. D’après cette définition, le silence et le bruit ne sont plus que les bords extrêmes d’une liberté d’expression sans limites.

Dans l’expérience d’écoute qui est proposée par exemple lors concerts de la Cave12 à Genève, il y a un moment stratégique toujours délicat, ce sont les 5 premières minutes. Dans ce laps de temps se pose à l’auditeur la question cruciale qui ouvrira la porte d’une expérience artistique, ou qui la claquera plus ou moins sèchement : « Ai-je envie d’adhérer à cette proposition, de me laisser aller, de me laisser emmener sur un chemin inconnu, et qui ne me semble pas amical a priori?». Si la réponse est non, la porte se referme et on passe à autre chose… point final.

Le bruit des autres
Utilisé sous nos latitudes pour évoquer les phénomènes acoustiques qui ne relèvent ni de la parole, ni de la musique, le terme « bruit » s’apparente à un outil ordinaire de discrimination esthétique et culturelle : il désigne tous ce qui déplaît à l’auditeur, lui semble trop fort, inattendu ou étranger à ses normes d’écoute. Une telle mise à l’écart est sujette à caution car la perception du beau, de la cohérence, de la proportionnalité, du confort, de l’équilibre et même du supportable varie à travers le temps et l’espace : les bruits d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui et les bruits d’ailleurs ne recouvrent pas ceux d’ici.
(Exposition « Bruits », Musée d’ethnographie Neuchâtel, 2010-11)

John Cage s’est fait huer, siffler, insulter en continu durant 2 heures 30 par le public de Milan en 1977, qui n’était manifestement pas prêt à percevoir comme musique une lecture de type « poésie sonore ».

… Mais si la réponse est oui, alors il peut se passer des sensations, des impressions, des rencontres, des perceptions qui vont largement au-delà de la fonction habituelle et généralement réductrice de la musique. Alors la musique peut devenir un puissant vecteur qui nous fera changer notre perception du monde.

Une personne âgée habitant à l’orée de la jungle a entendu une fois un concert électro-acoustique basé sur les bruits de la jungle, alors qu’elle ne connaissait peut-être même pas l’existence de l’enregistreur. A la fin du concert, elle s’approcha du musicien, bouleversée, les larmes aux yeux : « cela fait 80 ans que j’entends la jungle, je ne l’ai jamais entendu comme ça ».

Un concert fait de de silence, où même la déglutition du voisin devient audible, la qualité de ce silence relève de la responsabilité de tous et de la totale adhésion de chacun. C’est une construction artistique collective qui bouleversera la perception du monde pour tous les participants. Le bruit d’une voiture au loin, au-delà des murs de la salle peut prendre alors des proportions proprement métaphysiques.

Merci à Fernando Sixto d’avoir élargi le champ de notre conception de la musique.

Paul Kristof

Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
- dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
- dans le catalogue en ligne sur le site des BM.

4 février 2011 at 12:48 Laisser un commentaire

Le Kraut-rock, l’alternative européenne

Conférence de Bernard Trontin

Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale en Allemagne, est apparue une génération culturelle quasi spontanée. Celle qui a vu le modèle idéologique du nazisme s’effondrer dans la catastrophe que l’on sait. Une génération entière s’est lancée alors dans une quête identitaire acharnée, une quête totalement débridée, sans racines et presque sans influences antérieures. Une période correspondant au début des « Trente glorieuses » qui a vu apparaître le free rock, l’actionnisme viennois, les performances, les expériences communautaires, mystiques, etc.

S’agissant du free-rock, Bernard Trontin suggère une idée intéressante.
On ne peut pas assimiler le free-rock allemand au free-jazz américain parce que le free-jazz est l’aboutissement d’un siècle d’histoire du jazz, comme la musique contemporaine est l’aboutissement d’un millénaire d’histoire de la musique classique. Par contre, le free rock paraît comme émerger de nulle part sur les ruines de la guerre, un bouillon de culture dont le point de départ est la table rase des anciens paradigmes et le refus des influences. Il est pratiqué par des gens jeunes dont la technique instrumentale n’est souvent qu’accessoire, en regard de la liberté d’expression revendiquée.
Mais dire que cette musique était sans influences n’est pas tout à fait exact car, bien sûr, on y trouve des ingrédients existants tels le rock américain, la mouvance psychédélique anglaise ou les recherches électroacoustiques d’un Stockhausen, par exemple.

Mais la grande affaire du Krautrock, celle qui donnera l’identité sonore et stylistique à cette musique, c’est une invention toute récente, multiforme et en constante évolution : le synthétiseur. Cet instrument avait la particularité de permettre de créer des œuvres, mais non de les reproduire à l’identique. En effet, il était extrêmement sensibles aux facteurs extérieurs : température, pression atmosphérique, humidité, etc. C’est pour cette raison que le krautrock est resté largement une musique d’improvisation.

Le Krautrock est donc issu du chaudron free-rock, et son instrument emblématique est le sythétiseur. L’âge d’or du Krautrock s’étend sur une grosse décennie, de la fin des années 60 aux débuts des années 80. Il a eu ses fans, ses officiants et ses apôtres. L’industrie triomphante du disque a beaucoup contribué à son expansion, inventant dans la foulée une esthétique graphique propre, avec les fameuses pochettes des disques vinyles.

Selon Bernard Trontin, c’est une autre révolution technologique qui a contribué à l’assèchement du Krautrock dans les années 80 : le digital. Le digital offrait ce que les synthétiseurs à lampe ne permettaient pas : la programmation, c’est-à-dire la possibilité pour le musicien de prévoir exactement ce qu’il voulait entendre. Et c’est là que le Krautrock atteint ses limites : la magie de la création live avec son côté aléatoire et unique, se perdit peu à peu. Dès lors, une autre musique était en train de naître, répondant à d’autres besoins, et utilisant d’autres instruments. Mais ça, comme le dit notre conférencier, c’est une autre histoire.

Paul Kristof

Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
- dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
- dans le catalogue en ligne sur le site des BM.

7 janvier 2011 at 3:53 Laisser un commentaire

Les quatuors à cordes de Chostakovitch

Conférence de Constance Frei

“Et s’ils me coupent les deux mains, je tiendrai ma plume entre les dents et je continuerai à écrire de la musique”. Il est difficile de s’imaginer les pressions qu’a pu subir Dmitri Chostakovitch tout au long de sa vie. Il suffit de savoir qu’il a échappé d’un cheveu au goulag un nombre incalculable de fois aux motifs les plus insignifiants, dont l’accusation de “formalisme” est un des exemples vides de sens les plus tragiquement cocasses. Sauvé de la déportation et de la mort d’une part, mais en même temps lauréat des plus prestigieuses distinctions que pouvait offrir le régime communiste à ses “camarades” les plus méritants. Il a ainsi été un acteur d’un rare courage et aussi victime d’une dialectique proprement surhumaine entre liberté d’expression absolue et sa privation pure et simple.

Ce qui est sûr, c’est que Chostakovitch avait une propension naturelle à se placer aux côtés des victimes et des plus faibles en une solidarité systématique. Ainsi, c’est lorsque l’antisémitisme officiel était à son comble en Russie – antisémitisme éclipsé hélas par celui du nazisme à la même époque – que l’oeuvre de Chostakovitch (qui n’était pas Juif) vit se multiplier les thèmes juifs. Celui qui aurait voulu pouvoir composer une page à la mémoire de chaque victime de l’injustice et de l’oppression, aura fait de l’ensemble de son oeuvre un hommage à toutes les victimes du siècle… et il y en eut beaucoup !

Concernant les quatuors, il est presque impossible de lister toutes les innovations d’écriture qui sont imputables à Chostakovitch et qui le place définitivement au rang des plus importants compositeurs du 20ème siècle. Innovations à tous les registres : l’architecture des oeuvres, les répartitions novatrices des voix dans le quatuor, les effets sonores inouïs jusqu’alors, mais aussi l’usage de formes anciennes telles la fugue ou la passacaille, et encore, dans une moindre mesure, de formes d’écriture plus en phase avec son temps comme le sérialisme. A ce propos, nous avons demandé à notre conférencière Constance Frei, puisqu’elle nous a fait l’honneur de venir avec son violon, de bien vouloir nous faire entendre une série de 12 notes agencées par Chostakovitch, série projetée sur l’écran. Là nous avons pu nous rendre compte à quel point, dans une chose aussi artificielle et mécanique que peut être une série de 12 notes (base du sérialisme), il était possible de dégager un lyrisme si caractéristique, lorsque cette série est composée par un Chostakovitch.

Constance Frei, docteur en musicologie et spécialiste, parmi quantité d’autres sujets, de Chostakovich, a accepté l’exercice si périlleux du survol en 1 heure d’un sujet dont elle pourrait parler mille fois plus longtemps. L’exercice de la vulgarisation pour le plaisir du public du Salon musical, plaisir que, j’espère, nous lui avons bien rendu par notre écoute attentive.

Paul Kristof

P.S : Si vous étiez à cette soirée et aussi si vous n’y étiez pas, nous serions heureux que vous partagiez avec nous vos impressions, en ajoutant vos commentaires.

Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
- dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
- dans le catalogue en ligne sur le site des BM.

Prochain Salon musical à la Discothèque de Vieusseux,
le mercredi 5 janvier 2011 à 20 h.
Bernard Trontin : Le krautrock, ou l’alternative européenne

3 décembre 2010 at 11:43 Laisser un commentaire

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