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De la mer Noire à la Baltique
Archives sonores de la Radio Suisse Romande de 1960 à 1990, réalisées par Marcel Cellier. Ce dernier a parcouru des centaines de milliers de kilomètres pour écouter et enregistrer sur place ces magnifiques toiles musicales. On passe ainsi de la tsoïka au chevapchichi kajmajk, de l’ouzo à la palinka. Egészségédre* !
Les ramiers roumains roucoulent syncopés, normal donc que cette musique des plus riches s’en soit nourrie. Les collines aux courbes sensuelles, l’extrême douceur des campagnes, les forêts sombres, mystérieuses, ainsi que la vibration de l’air propre à chaque paysage ont certainement inspirés sirba et hora. De même, ces musiques ont à leur tour largement été source d’inspiration pour Georges Enescu.
Vous l’aurez compris, cette musique me parle plus que toute autre, elle me souffle la magie du lieu, son odeur, sa saveur et cet imperceptible chuchotement du temps.
Catherine
* Santé, cheers, cin cin…
ANTHOLOGIE. De la mer Noire à la Baltique (RSR, 2001) Disponibilité
Add comment 26 novembre 2009
Comelade, ou l’oxymore musical
Un peu à la manière des marches funèbres pour poupées de porcelaine, la musique de Comelade naît de carambolages et de paradoxes. Ainsi, les musiques les plus sérieuses sont forcément interprétées sur instruments-jouets et les musiques les plus triviales confiées aux tubas et aux trompettes. Une musique essentielle qui fait jaillir les sourires et les larmes, aux moments où on s’y attend le moins, à contretemps, toujours en lisière des conventions. Une musique pour accompagner les poupées de porcelaine derrière le corbillard du marchand de petits bonheurs en plastique.
Paul Kristof
COMELADE, Pascal. Espontex sinfonia (Discmedi, 2004) Disponibilité
Add comment 18 novembre 2009
Quand la rue parle…
Lorsque l’on parle de rap américain, les premiers noms qui viennent à l’esprit sont Eminem, 50 Cent, The Game, Lil’ Wayne ou encore Snoop Dogg. Le point commun entre tous ces artistes tient en trois lettres : Dre. En effet, André Romelle Young, alias Dr. Dre, est considéré comme le meilleur producteur de rap de tous les temps. Originaire de Compton, au sud de Los Angeles, dans un quartier rongé par la misère et les gangs, le jeune André est bercé très tôt par la musique qui envahit à longueur de journée les rues du ghetto. Cette influence sera décisive. Après s’être procuré des platines, le jeune Dre produit ses propres sons. Il rencontre alors le rappeur Eazy-E avec qui il forme le groupe NWA. Avec son album mythique Straight Outta Compton (sorti en 1987), le groupe popularisera le maintenant très médiatisé gangsta rap. Dre y fait ses armes en qualité de producteur et forge ce qui deviendra le G-funk (son typique de la Californie qui se distingue par le sampling de classiques du funk, mélangé à des beats rap), qui explosera dans les années 90, popularisé par des artistes tels que 2Pac ou encore Snoop Dogg. (Lire la suite…)
Add comment 11 novembre 2009
Le Mozart noir
Le Mozart noir, c’est Joseph Boulogne, chevalier de Saint-Georges. Son père était planteur en Guadeloupe et sa mère esclave dans la plantation. Habile dans toutes sortes de disciplines, il fut un virtuose de l’épée et du violon. Etrange mélange, mais qui ne fut pas étranger à sa renommée et qui nous rappelle une autre célébrité, fictive celle-ci. Un certain Sherlock. Mais je m’égare, là…
Mais pourquoi Mozart noir? Les notices de disques n’en disent rien, pas plus que le site internet (riche) consacré au personnage. Peut-être doit-il ce surnom à cette faculté d’être prodigieusement doué en tout. Ou encore parce qu’il fut le premier compositeur noir de musique classique. Peut-être…
Personne ne dit non plus qui l’a surnommé ainsi. Que de mystères… il faudra que je demande à Sherlock ce qu’il en pense.
Mais même sans réponse à ces deux questions, il est toujours possible d’écouter ses oeuvres dans nos collections.
SAINT-GEORGES, Joseph Boulogne Chevalier de.
Quatuors à cordes. Op. 1 (Arion 1998) Disponibilité
Quatuor concertant pour cordes. Op. 14 no 6 (Valois 1996) Disponibilité
Concertos pour violon (Arion 1990) Disponibilité
Symphonies (In : Le Mozart noir) (CBC 2003) Disponibilité
Ou encore lire sa biographie en créole dans les bibliothèques section jeunesse.
Marie-Noëlle
3 comments 5 novembre 2009
Chanteuses suisses … suite

J’ai découvert Erika Stucky par hasard, en zappant sur l’excellente émission Illico de la TSR. C’est une artiste déjantée, enthousiaste et bourrée de talent !
Erika Stucky, après une petite enfance passée aux Etats-Unis (San Francisco) revient au pays. Toute la famille s’installe au fonds de la Vallée de Conches ! On imagine le choc culturel !
Ceci explique le mélange des genres entre country, chants populaires américains et schwyzerdütch, yodel, improvisation et d’autres.
Erika Stucky sera en concert le 4 novembre prochain lors du Festival Les Créatives à Onex.
Sûr, j’y serai… et vous ?
Geneviève
Pour visionner l’émission Illico de la TSR sur l’anti-Heidi du yodle.
STUCKY, Erika.
Heimatsklänge (Traumton, 2007)
Suicidal yodels (Traumton, 2007)
Princess (Traumton, 2005)
Lovebites (Traumton, 2003) Disponibilité
Add comment 30 octobre 2009
Il s’appelle comment, déjà ?
Il s’appelle Romanens et on peut bien tous aller se faire voir, parce que ce soir, il a le micro bavard. Et si sa chanson est complètement foutraque, avec un batteur qui n’en bat pas une de droite, il nous touche au creux de l’estomac, car la vie – qui s’est un peu gourée – a mis un tigre dans ses épinards.
En y regardant à la loupe, on rencontre au détour d’une plage ou l’autre, des copains qui constituent des incontournables de l’autre capitale de la chanson francophone (Lausanne) : Michael von der Heide, Jérémie Kissling, Fabien Tharin.
Paul Kristof
ROMANENS, Thierry. Je m’appelle Romanens (Disques Office, 2009) Disponibilité
Add comment 28 octobre 2009
Le grand “Little Jimmy”
Jimmy Scott, surnommé “Little Jimmy Scott” est un chanteur de jazz américain né en 1925. Il a une vie particulière, un parcours entre hauts et bas. Il est confronté à de terribles épreuves avant d’être tardivement reconnu. Il vit une enfance douloureuse entre un père absent et une mère qui décède quand il est petit.
A onze ans, il est atteint par le syndrome de Kallmann qui se caractérise par l’arrêt de la croissance et de la puberté. Sa voix ne mue pas, il conserve sa voix d’enfant et ses 1m50.
A vingt ans, il part pour New-York et entame une carrière de chanteur professionnel. Il intègre l’orchestre de Lionel Hampton, aux côtés de Quincy Jones avec qui il enregistre un disque. Sa voix androgyne est rapidement repérée et attire le public. On le compare à Billie Holiday.
En 1955, il enregistre deux albums chez Savoy Records dont un avec Ray Charles. Par la suite, le propriétaire de la maison de disques se révèle être malhonnête et l’empêche d’enregistrer pour d’autres labels. Dorénavant, sa carrière est injustement bloquée.
En 1962, il sort tout de même l’album Falling in love is wonderful avec Ray Charles, sur son label Tangerine Records. Malheureusement, à cause de Savoy Records, le disque est rapidement retiré des bacs. “Little Jimmy Scott” sombre dans l’oubli. (Lire la suite…)
Add comment 21 octobre 2009