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Famille Maalouf : une histoire de pistons
Diagnostic le CD d’Ibrahim Maalouf sorti en automne dernier, clôt une trilogie introspective commencée en 2007 avec Diasporas et poursuivie en 2009 par Diachronism. Triptyque « réalisé [..] comme on entreprend une psychanalyse » confie-t-il à la presse. Ca remue donc dans tous les sens du terme.
Trompettiste et pianiste, Ibrahim Maalouf signe un album aux influences multiples. Bien que classé en jazz, Maalouf ne s’embarasse pas d’étiquettes. Il convoque sonorités arabes, percussions brésiliennes, cuivres des Balkans, rock et convie Oxmo Puccino sur l’un de ses titres.

Sur la pochette, il pose avec son instrument. Une trompette pas tout à fait comme les autres, puisque c’est une trompette arabe, à quatre pistons qui permet de jouer des quarts de ton. C’est son père, Nassim Maalouf, qui en est l’inventeur…

Issu d’une famille de paysans de montagne au Liban, Nassim Maalouf étudie la musique orientale à Beyrouth. A 23 ans, il découvre la trompette et part à Paris suivre le Conservatoire dans la classe de Maurice André. S’en suit alors une carrière de soliste et d’enseignant. Mais coincé dans les modes majeurs et mineurs de la musique occidentale, il rêve d’entraîner son instrument dans les modes arabes (les maqams). Il collabore avec la maison Selmer à Paris (fabricants d’instruments à vents depuis 1885) durant deux ans pour créer un prototype sur mesure qui permet de jouer 1/4 et 3/4 de tons ouvrant des horizons nouveaux pour la trompette, tant en musique arabe qu’en musique contemporaine.
Pour écouter les improvisations du père et du fils (la musique arabe, tout comme le jazz repose sur l’improvisation) et le son clair de leurs trompettes, voici les références des CD que vous trouvez dans le réseau des Bibliothèques municipales :
MAALOUF Nassim. Improvisations orientales : trompette quart de ton (Club du disque arabe, 1994) Disponibilité
MAALOUF Ibrahim. Diagnostic (Mi’ster, 2011) Disponibilité
MAALOUF Ibrahim. Diachronism (Mi’ster, 2009) Disponibilité
MAALOUF Ibrahim. Diasporas (Mi’ster, 2007) Disponibilité
Et pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur la trompette arabe, je ne peux m’empêcher de rajouter ce lien sur une vidéo extraite du site internet de Nassim Maalouf…
Mireille
Virginie Teychené – I feel so good
I feel so good, c’est le nom du dernier album de Virginie Teychené… et c’est la sensation que cette artiste m’a laissée après l’écoute de ses 14 chansons qui, sans hésitation, respirent la bonne humeur.
Avec des titres qu’elle réinterprète ou interprète délicieusement, comme I feel so good, Up jumped Spring, Beautiful Friendship, ou encore C’est le printemps… cette talentueuse chanteuse de jazz, avec sa voix grave et profonde, nous fait vibrer de plaisir… en nous faisant découvrir ses diverses influences…
Je ne m’éterniserai pas sur le sujet ni ne résumerai sa vie en long et en large, c’est une toute jeune chanteuse… Et on en apprendra plus en se rendant sur son site personnel.
Mais je recommande à tous les curieux d’aller l’écouter! Un vrai moment de bonheur!
On peut bien évidemment la découvrir aux Bibliothèques et Discothèques Municipales, en cliquant ici!
Karine
Joshua Redman : du Blue Note au Victoria Hall
Visiter New York, c’était un rêve. Assister à un concert de jazz au Blue Note en était un autre. Découvrir ensuite en réservant sur Internet que Joshua Redman, un des plus grands saxophonistes contemporains, s’y produit la semaine où j’y suis. Alors là, il n’y a plus de mots, plus que des notes bleues que je vous propose de prolonger en écoutant avec moi son dernier disque.
Compass, c’est le titre de cet album étonnant. Joshua Redman n’a pas fait dans la simplicité, il a pris le risque de se passer de piano : Larry Grenadier et Reuben Rogers sont les contrebassistes, Brian Blade et Gregory Hutchinson, les batteurs. L’ensemble des musiciens est cohérent, l’un s’efface pour laisser l’autre prendre la scène. Parfois tous sont présents, sans pour autant tomber dans la cacophonie ; au contraire, tout est douceur, plénitude comme dans le morceau final Trough the valley.
On a parfois reproché à Joshua Redman de “miauler” dans les aigus, ce qui n’est de loin pas le cas ici. Point de cri d’animal, le son du saxophone est magnifique, alternant la langueur d’une ballade dans Moonlight au plus percutant Un peu fou (mes deux morceaux préférés). Ses compositions sont très abouties : diversité de rythmes, de sons, d’associations d’instruments. De la recherche, de l’invention, certes il y en a dans cet album mais sans jamais mettre en péril la musicalité.
A presque 40 ans, le saxophoniste américain est à maturité et il a su s’entourer de quatre grands musiciens qui eux aussi ont leur part de responsabilité dans la qualité de ce disque, certainement son meilleur.
Et comme les bonnes nouvelles ne voyagent jamais seules, je vous annonce que Joshua Redman (et Brad Mehldau au piano) seront au Victoria Hall de Genève le dimanche 13 novembre 2011 à 19h. Ce n’est pas la petite salle du Blue Note, mais j’ai confiance en ce JR-là pour nous emporter tous très, très loin.
Roane
REDMAN, Joshua. Compass (Nonesuch, 2009) Disponibilité
En avant-goût de leur concert à Genève, Joshua Redman et Brad Mehldau
Les Océans de David Holmes
Il y a des détails qui peuvent tout gâcher. Un mauvais choix musical et c’est toute l’âme d’un film qu’on flingue. Imaginez un peu qu’on vous balance le mythique Tirelipimpon de Carlos au moment où Harry Callahan sort son Magnum .44
… brrrrr, ça fait froid dans le dos !
Parmi les compositeurs qui excellent dans la bande originale et qui ne gâchent rien, il y a David Holmes. Vous l’avez certainement entendu en vous pâmant d’admiration à la vue du beau Brad et du beau George qui dévalisent un casino avec leur bande de potes. Ils faisaient ça en musique, et la musique, ben c’est justement David qui l’a faite.
David Holmes est né à Belfast. Dj et producteur, il a déjà 5 albums perso à son actif ainsi que la composition d’une bonne trentaine de B.O. Tombé dans la marmite électronique dès son plus jeune âge, on ne s’étonne pas qu’il en instille les influences ça et là dans ses morceaux.
Et comme on dit à Bourrignon dans le Jura : “C’est dans les marmites qu’on fait la meilleure électro.” Bref…
Sa musique se distingue entre autres par des sonorités jazz-funk des années 70-80 à la sauce trip hop voire big beat, mâtinées de piano électrique et de lignes de basse généreuses. Une espèce de musique de supermarché en vachement mieux parce qu’il y a beaucoup de talent et de travail dedans.
Du coup, cela donne souvent un son lounge qui crée une ambiance des plus sympa. Bon soyons francs. Vous ne transformerez pas votre miteux trois pièces en ultime chill-out de la branchitude rien qu’en balançant du David Holmes quand vous invitez des amis. Vous pouvez rêver mais il faudra quand même passer un coup d’aspirateur et ranger les chaussettes qui traînent. Et pis le slip aussi, là… sous le fauteuil. Si, si !
Christian
David Holmes. Bow down to the exit sign (Go!Beat, 2000) Disponibilité
L’excellente série des Ocean’s aux BM.
Le site Internet de David Holmes.
PS : Ah oui, et pour finir en beauté regardez aussi cette vidéo de l’homonyme de David Holmes, un certain… David Holmes. Il est steward dans une compagnie d’aviation américaine et il détend tout le monde avant le décollage (sauf ceux qui n’aiment pas le rap).
Festival des Cropettes 23-27 juin 2010
Les Cropettes, c’est tout d’abord un charmant parc dans le quartier des Grottes, mais également un festival organisé par l’AMR. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore l’AMR, c’est l’Association pour l’encouragement des musiques improvisées, créée en 1973 par des musiciens de la scène genevoise impliqués dans les musiques de jazz et d’improvisation.
L’AMR aux Cropettes est la fête annuelle de l’association. Cette fête a traditionnellement lieu fin juin et présente une vingtaine de groupes représentatifs des styles pratiqués à l’AMR : jazz, musique improvisée, latin jazz, afro-jazz…
Le festival est bien sûr gratuit et le parc accueille en plus des concerts, différents stands de boisson et de restauration.
Quelques noms parmi les groupes invités :
Con To Los Hierros : arrangements en contre-point, deux trombones et deux cuivres, voilà un sonido typique des côtes caribéennes.
Afro Be : orchestre genevois multi-ethnique mené par la puissante et voluptueuse chanteuse nigérianne Toyin Idowu qui parcourt le répertoire de la légende de l’afro-beat Fela Kuti.
Caxasa Pura : Cachaça comme la boisson brésilienne, brésilien comme le spectacle présenté ici, basé sur la tradition du choro (ancêtre de la bossa et de la samba).
Ahmad Mansour Trio : Ahmad Mansour et son trio interactif créent une musique d’une beauté tour à tour fascinante, provocante et obsédante, du jazz avec un grand J.
Robin-Bastet Quartet : Michel Bastet, un grand du piano jazz et David Robin, un guitariste nouveau, se retrouvent pour interpréter leurs compositions, ainsi que des grands standards de jazz.
…. et bien d’autres musiciens encore, du 23 au 27 juin. Ne les manquez pas!
Retrouvez quelques-uns parmi ces musiciens, ainsi que d’autres musiciens de jazz suisses dans notre réseau.
Katia
Le grand “Little Jimmy”
Jimmy Scott, surnommé “Little Jimmy Scott” est un chanteur de jazz américain né en 1925. Il a une vie particulière, un parcours entre hauts et bas. Il est confronté à de terribles épreuves avant d’être tardivement reconnu. Il vit une enfance douloureuse entre un père absent et une mère qui décède quand il est petit.
A onze ans, il est atteint par le syndrome de Kallmann qui se caractérise par l’arrêt de la croissance et de la puberté. Sa voix ne mue pas, il conserve sa voix d’enfant et ses 1m50.
A vingt ans, il part pour New-York et entame une carrière de chanteur professionnel. Il intègre l’orchestre de Lionel Hampton, aux côtés de Quincy Jones avec qui il enregistre un disque. Sa voix androgyne est rapidement repérée et attire le public. On le compare à Billie Holiday.
En 1955, il enregistre deux albums chez Savoy Records dont un avec Ray Charles. Par la suite, le propriétaire de la maison de disques se révèle être malhonnête et l’empêche d’enregistrer pour d’autres labels. Dorénavant, sa carrière est injustement bloquée.
En 1962, il sort tout de même l’album Falling in love is wonderful avec Ray Charles, sur son label Tangerine Records. Malheureusement, à cause de Savoy Records, le disque est rapidement retiré des bacs. “Little Jimmy Scott” sombre dans l’oubli. (Lire la suite…)
Jazz made in Italy
Mario Biondi est blanc et italien, mais sa voix est comparable à celle des crooners noirs-américains les plus talentueux. Sa voix profonde, grave et veloutée nous entre dans les veines dès la première écoute. Une voix “barrywhitienne” à vous donner de voluptueux frissons, une voix à vous faire aimer le jazz… et tout le reste ! Cette voix peut rendre toute musique sublime et sensuelle, elle vous donne envie de l’écouter à l’infini. Si chaude et élégante, elle fait du bien à l’âme. Tout simplement. (Lire la suite…)
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