Dieu a-t-Il des oreilles ?!

Verdi Pièces originales pour l’orgue, mais aussi transcriptions d’airs d’opéras de Verdi. Ces pièces sont toutes interprétées sur des instruments joués par Verdi lui-même en son temps.

Ecouter aujourd’hui des opéras verdiens sur des orgues d’église, qui sont des instruments usuellement dédiés à la glorification de Dieu, pose question. Suivant l’anthropocentrisme naturel des bipèdes que nous sommes, il est facile d’imaginer que le Dieu du 19ème siècle pouvait prendre plaisir à ces pièces. Mais se serait-il bouché les oreilles de dégoût ou d’effroi dans les siècles précédents, s’il avait pu entendre les opéras de Verdi avant même la naissance de celui-ci – mais à Dieu rien n’est impossible, n’est-ce pas ? De même, pourrait-il s’amuser et sourire en entendant ces œuvres avec des oreilles du 20ème siècle !

Pourtant l’Eternel est bien le même d’un siècle à l’autre, n’est-ce pas ? Alors quoi, Y a-t-il un problème ? Y a-t-il une solution ? Qu’en est-il du sens esthétique des humains vu et entendu de Là-Haut, résidence privilégiée de la Transcendance ?

Pour faire plus simple : Dieu a-t-Il des oreilles ?!

Paul Kristof

VERDI, Giuseppe. Verdi the organist / Liuwe Tamminga, orgue (Passacaille, 2013).   Disponibilité

22 octobre 2014 at 7:58 Laisser un commentaire

Gavin Bryars, compositeur avec sourire en coin

La musique la plus drôle du monde

Une nuit, à l’heure où parfois les programmateurs de radio se permettent de balancer des perles inavouables sinon inaudibles à l’antenne, j’ai entendu une musique qui m’a fait proprement tomber du lit de rire. C’était il y a 40 ans et depuis, je soupire après cette musique.

Or entretemps, internet a été inventé et ce système d’échange d’informations pour physiciens des cimes et des profondeurs est devenu la plus grande bibliothèque de l’Univers. Ce qui devait donc fatalement arriver un jour est arrivé : un bienfaiteur de l’humanité et de la culture en particulier a posté sur Youtube en 2013 les fichiers des musiques qui m’avaient gravement secoué une nuit dans les années septante. Ô surprise ! Ô joie ! Ô bonheur !

Il s’agit du Portsmouth Sinfonia, fondé par le contrebassiste et compositeur Gavin Bryars. Concept inexistant jusqu’alors, l’orchestre était formé de musiciens amateurs qui ne devaient avoir qu’une connaissance approximative de leur instrument. L’idée était de les faire jouer tous ensemble en première lecture sous la direction d’un chef, micros ouverts et surtout, sans s’arrêter. C’était des œuvres célèbres que tout le monde avait déjà entendu une fois ou l’autre : la 5ème de Beethoven, le Beau Danube bleu, l’Ouverture de Guillaume Tell, etc. Le résultat fut stupéfiant, l’éclat de rire tonitruant et le succès immédiat.

Mais pour moi, juste après le plaisir d’avoir enfin pu réentendre ces interprétations incroyables, l’étonnement fut de me rendre compte que celui qui a été l’instigateur de mon plus grand éclat de rire musical – Gavin Bryars – est aussi celui qui a composé la musique la plus profondément triste qu’il m’ait été donné d’entendre : « The sinking of the Titanic » (Le naufrage du Titanic), pièce électro-acoustique.

La musique la plus triste du monde

Là, le concept partait de la légende bien connue depuis le naufrage du Titanic en 1912 de l’orchestre de salon qui aurait joué jusqu’à la disparition du navire dans les ténèbres de l’océan. Pour donner corps et vie à l’évocation du célèbre naufrage, Gavin Bryars utilisa les morceaux de musiques doucereuses joués dans les salons de 1ère classe du paquebot. Musiques se distordant progressivement, accompagnant l’enfoncement du bâtiment dans la nuit des profondeurs océaniques. Prolongement du mythe de l’orchestre attaché à sa fonction, fidèle jusqu’à l’absurde. La musique se cogne contre les parois de métal devenues cercueil et linceul. Elle se dissout dans les paquets de mer qui s’engouffrent par les hublots fracassés et les entrailles éventrées. Musique en lambeaux dont l’écho se mêle en s’estompant progressivement, à mesure de l’enfoncement du géant réputé insubmersible. Musique emprisonnée à jamais, s’échappant encore par bribes en bulles d’air vers le haut, jusqu’au silence final de l’infra monde que le Titanic rejoint interminablement.

Gavin Bryars, révélateur d’inconscient collectif

Le fait que le même homme ait été à l’origine de la musique la plus drôle et de la musique la plus triste du monde, ne laisse pas de m’étonner et je ne peux que lui adresser un hommage admiratif. Mais au-delà des éclats de rire ou de l’oppression de la plus insondable tristesse, il faut percevoir un 2ème niveau de compréhension de ces œuvres : toutes deux donnent à entendre en vrai, une notion aussi éthérée qu’est l’Inconscient collectif.

L’exécution de la 5ème symphonie de Beethoven, au-delà de son massacre hautement comique par des musiciens amateurs, a été précisément rendue possible parce que tous les musiciens connaissaient l’œuvre apparemment de toute éternité, sans l’avoir jamais étudiée. De même les auditeurs reconnaissent l’œuvre malgré le chaos de l’interprétation. Ce que l’on entend est un nuage informe où l’on reconnaît néanmoins la 5ème de Beethoven comme un ectoplasme aggloméré de l’Inconscient collectif.

De même, le détournement des musiques de Salon sentimentales et sirupeuses, caricatures de la joie et de l’insouciance petite-bourgeoise en une musique funèbre, en font des archétypes de l’inconscient collectif, comme les ruines d’un parc d’attraction au lendemain de la bombe atomique. Le sourire du clown géant en plastique devient plus lugubre que la plus sinistre représentation de la mort.

Gavin Bryars est un compositeur britannique de musiques expérimentales depuis un demi-siècle. Il a été l’ami de musiciens aussi importants que Brian Eno ou John Adams. Et si sa place dans l’histoire de la musique le tient éloigné des principaux courants de la musique contemporaine, il peut se targuer d’une appartenance autrement plus prestigieuse (en tout cas à mes yeux) : il est membre éminent du Collège de Pataphysique, à l’instar de fameux prédécesseurs tels qu’Alfred Jarry, Marcel Duchamp, Erik Satie ou Boris Vian qui tous partagent avec lui cette faculté délicate entre toutes : le sourire en coin !

Paul Kristof

Bryars

BRYARS, Gavin. The sinking of the Titanic  (Point music , 1994)    Disponible dès l’ouverture de l’espace musique à la Cité au printemps 2015

3 octobre 2014 at 7:31 2 commentaires

Un caractériel de génie (encore un!)

Rares sont les compositeurs qui ont accumulé sur leur personne, leur style ou leur façon de jouer des avis aussi contrastés. Considéré comme le plus grand violoniste de son temps (le baroque tardif), Francesco Maria Veracini est aussi un musicien à la vie trépidante.

Il aurait survécu à rien moins qu’une tentative d’assassinat, un naufrage, un suicide et des quantités de querelles avec ses pairs, toutes plus ou moins graves. On le disait complètement fou, arrogant, colérique, versatile, excentrique et bien entendu, absolument génial. Qualificatifs qui transparaissent tous dans sa musique, bien sûr, mais également dans l’interprétation survoltée de Ricardo Minasi et du Musica Antica Roma.

Paul Kristof

VERACINI, Francesco Maria.  Violin sonatas(Sony Deutsche Harmonia mundi , 2010)     Disponibilité

29 septembre 2014 at 8:13 Laisser un commentaire

Mes coups de cœurs du mois d’août

Que Carl Philipp Emanuel Bach ait su trouver la voie qui l’extraie de l’ombre de son Johann Sebastian de père est déjà tout à fait méritoire. Qu’il ait trouvé celle de la modernité dans l’histoire de la musique l’est encore plus. Il a su intégrer et dépasser le style baroque universellement répandu, tout comme ses codes apparemment immuables.

Il a su aussi faire évoluer les superficialités petites-bourgeoises du style galant, inventer les « tempêtes et les emportements »  émotionnels en musique (Sturm und Drang). Après lui, il ne restait plus qu’à Haydn et à Mozart d’advenir pour consolider et magnifier le style classique, puis à Beethoven d’incarner à lui tout seul ces « tempêtes et emportements » qui ouvriront les portes au Romantisme.

Une mention spéciale pour l’interprétation dynamique, légère et soutenue d’Ophélie Gaillard et son Pulcinella orchestra.

BACH, Carl Philipp Emanuel. Concertos . Carl Philipp Emanuel Bach (Aparté, 2013)   Disponibilité

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FerrandiniPerle de la musique religieuse lacrymale baroque italienne à découvrir absolument, par un compositeur pas réputé du tout.

Le seul qualificatif qu’on ait réussi à lui adjoindre jusqu’à présent est celui de compositeur mineur. Mais je vous l’assure, il n’a de mineur que la longueur des notices biographiques qui lui sont consacrées.

FERRANDINI, Giovanni Battist. Al santo sepolcro (Fra Bernardo, 2014)    Disponibilité

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HertelVoici une Passion, héritière directe de celles de Johann Sebastian Bach. Johann Wilhelm Hertel est né à Eisenach, la même ville que le grand Bach, mais 42 ans plus tard.

Une œuvre très pure à découvrir, comme décantée du pathos verbeux et sanguinolent des passions du librettiste Brockes qui eut tant de succès durant le 18ème siècle. Comparativement, on croit retrouver avec cette Passion de Hertel une dimension spirituelle dans l’allègement et l’affinement du discours.

HERTEL, Johann Wilhel. Der sterbende Heiland (CPO, 2014)    Disponibilité

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C’est à pied que le jeune Joachim Raff se rendit à Bâle depuis Zürich car il n’avait pas les moyens de se payer le voyage. Son objectif était d’entendre le grand Franz Liszt qu’il admirait par-dessus tout. En arrivant devant la salle de concert, il ne put y entrer car toutes les places étaient vendues depuis longtemps. Il paraît que Liszt apprenant la déconvenue de son jeune admirateur, l’invita à prendre place directement sur la scène auprès de lui.

Il faut redécouvrir Joachim Raff dont le nom est gravé sur le mur du Victoria Hall de Genève aux côtés des plus grands compositeurs de son siècle.

RAFF, Joachim. Symphony no 5 « Lenore »(Chandos, 2014)    Disponibilité

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KreislerC’est par sorte de coquetterie déguisée en modestie que le compositeur et grand virtuose du violon Fritz Kreisler attribua la paternité d’un certain nombre de ses morceaux à des compositeurs des temps anciens : il était embarrassé de voir son nom figurer tant de fois sur les programmes de ses récitals. D’où l’invention de la légende du paquet de manuscrits anciens trouvés dans un monastère et rachetés au prix fort. Il fallut longtemps avant qu’on ne se rendît compte de la supercherie. Certains critiques musicaux qui s’étaient laissés abuser lui en tinrent rigueur leur vie durant !

Voici le magnifique Prélude et Allegro attribué à Pugnani qui fut un des succès les plus permanent de Kreisler :

KREISLER, Fritz. Kreisler violin music (Hyperion, 2014)    Disponibilité

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MompouMompou est de ces compositeurs qui obtiennent le plus d’effet avec le moins de notes. C’est précieux pour ceux qui comme moi ont les oreilles fatiguées.

Une mention particulière pour la pochette la moins engageante de la discothèque… Passez outre, vous ne le regretterez pas.

MOMPOU, Federico. Song of the soul (Naxos, 2014)     Disponibilité

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MozartJe connaissais depuis très longtemps l’existence de certaines œuvres du frère… que dis-je, du divin Mozart, mais sans les avoir jamais entendues.

J’ai donc plaisir et fierté d’annoncer à nos fidèles usagers de la discothèque municipale de Genève qu’ils pourront dorénavant emprunter et écouter le canon « Leck mir den Arsch », ce qui en français signifie très précisément : « Lèche-moi le cul » ( !) Ceci dit, ces petites pièces vocales et instrumentales qu’on trouve à la lisière de son énorme production, apportent un éclairage précieux sur la complexité du frère… que dis-je, du divin Mozart dont le côté facétieux n’est pas le moins sympathique !

MOZART, Wolfgang Amadeus. Gehn wir im Prater (Brilliant, 2013)    Disponibilité

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Muffat Certes, Georg Muffat passa une vie entière dans les pays germaniques où il se fit connaître. Je suis néanmoins surpris que la France ne revendique pas plus cet enfant du pays, puisqu’il est né à Megève (Meuh-gève, comme disent les Parisiens !), au bon air des montagnes de Haute-Savoie.

MUFFAT, Georg.  Missa in labores requies (Note 1, 2014)    Disponibilité

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PandolfiLe cornet à bouquin est un instrument à vent de forme conique et courbe, à embouchure et percé de sept trous, six devant, un derrière. Il était très répandu entre la fin du XVIe siècle et le milieu du XVIIe, principalement en Italie du Nord et en Allemagne. L’exemple le plus célèbre de son usage se trouve dans les Vêpres à la Vierge (1610) de Claudio Monteverdi.Cornet

Sa virtuosité et la chaleur du son n’ont été égalés que par le violon qui l’a progressivement supplanté dès le 17ème siècle. Le parti-pris de William Dongois d’interpréter ces sonates de violon au cornet n’est donc pas du tout incongrue. Il nous donne en tout cas la possibilité d’entendre cet instrument absolument enchanteur. Serpent

La basse du cornet à bouquin est appelée serpent, du fait de son aspect sinueux. A noter que nous aurons une soirée de Salon musical consacrée au serpent au printemps 2015 avec la participation, entre autres, de Stephan Berger, un artisan du cuir qui fabrique aujourd’hui à l’identique et fait vivre cet instrument ancien. A surveiller sur le site des BMs et à ne pas manquer !

PANDOLFI, Giovanni Antoni. Style fantasique (Carpe Diem, 2010)    Disponibilité

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PoulencA la suite de Fauré et Duruflé et de leurs Requiems « sans désespoir », Poulenc est le noble continuateur de cette tradition purement française d’œuvres religieuses graves mais sans désespoir explicite. Une merveille de poésie contemplative, et un de mes coups de cœur permanent.

POULENC, Francis. Stabat Mater (Harmonia Mundi, 2014)    Disponibilité

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RossiniUne jeune emprunteuse, apercevant un jour sur un album la mention « Music for strings », me demanda sans rire s’il s’agissait de musique pour accompagner les strip-teases. Je me vois donc obligé de confirmer ici que les présentes sonates « for strings » de Rossini ne sont pas prévues à cet usage.

Quoi que… Ces sonates – qui ne s’appellent pas quatuors bien qu’elles soient écrites pour 4 instruments – sont prévues pour 2 violons, 1 violoncelle et 1 contrebasse. Cette formation instrumentale particulière pourrait favoriser les pensées vagabondes. Qui sait ? Les voies de l’érotisme sont ontologiquement tortueuses !

ROSSINI, Gioacchino. 6 sonatas for strings (Dux, 2013)    Disponibilité

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Ensemble IndigoDepuis longtemps la chaîne de Radio France-Musique explore les frontières du jazz avec son émission « Le jazz probablement ». Le présent album, qui pourrait y figurer sans problème, pourrait aussi être présent avec le même bonheur dans une émission intitulée « La musique contemporaine probablement ». Mais celle-ci reste à inventer.

Finalement, quand la musique est belle, quelle importance qu’elle soit au centre ou aux marges d’un style particulier ou d’un genre défini… n’est-ce pas ?

ENSEMBLE INDIGO. Reflection (Enja, 2001)    Disponibilité

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SciasciaComme son titre l’indique, il s’agit de courtes pièces de genre dans le rayon « larmes, spleen, mélancolie, nostalgie, regrets et soupirs ».

Après avoir entendu cet album, plus personne n’osera prétendre que la contrebasse est juste bonne à planter les clous et marquer le temps. Elle est parfaitement à même de larmoyer et faire pleurer dans les chaumières, pourvu qu’on ait encore le lecteur de CD pour faire tourner la galette !

D’ailleurs – et ceci est une révélation – en hongrois, la contrebasse, du moins dans sa version populaire, s’appelle bien « nagy bögö », ce qui signifie très exactement « le grand pleureur ». Le « kiss bögö », le petit pleureur, étant réservé au violoncelle. Cela ne s’invente pas !

SCIASCIA, Stefano. Elégie (Newton, 2013)    Disponibilité

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AlqhaiPour ceux qui auraient remarqués la présence de Joe Satriani le grand guitariste de rock américain dans la catégorie « musique ancienne » et qui s’en seraient peut-être étonnés, il convient de rappeler que nous somme bien au 21ème siècle, et que c’est définitivement une drôle d’époque !

ALQHAI, Fahmi. A piacere (Note 1 Glossa, 2014)    Disponibilité

Paul Kristof

12 septembre 2014 at 8:19 Laisser un commentaire

Beethoven fait exploser le cadre… comme d’hab

Anton Diabelli était compositeur et éditeur de musique. Il eut l’idée un jour de demander à une cinquantaine de musiciens et compositeurs viennois de composer une courte variation sur un thème de son cru. L’idée était de publier une anthologie qui reflèterait la diversité du paysage musical de l’époque. On connait la suite : Beethoven, stimulé au plus haut point par cette petite valse, fit complètement exploser le cadre du commanditaire et offrit à la postérité ses fameuses « 33 Variations Diabelli », une de ses dernières compositions pour le piano et un absolu chef-d’œuvre.

Nous l’entendons ici dans la belle interprétation d’Andreas Staier, avec en prime, quelques-unes des variations des autres compositeurs, connus ou moins connus, qui avaient renvoyé, eux, leur copie à l’éditeur dans les dimensions requises. La confrontation de ces petites pièces de Czerny, Hummel ou Kreutzer avec le monument de Beethoven est tout à fait éloquente.

Paul Kristof

BEETHOVEN, Ludwig van. Diabelli variations (Harmonia Mundi, 2012)    Disponibilité

8 septembre 2014 at 8:37 Laisser un commentaire

Connaissez-vous Gonjasufi?

Gonjasufi_PressPic_01Connaissez-vous Gonjasufi ? Ce musicien aux airs d’ascète indien ou d’icône de la scène reggae ?

Et bien, il n’est ni l’un, ni l’autre !

Gonjasufi n’est autre qu’un artiste américain né en 1978 au cœur de la Californie, professeur de yoga, disc-jockey, acteur à ses heures …

Après une enfance en Californie, il débute sa carrière musicale sur la scène hip-hop de San Diego. Il sort de nombreux albums. Mais c’est sa collaboration avec le grand Flying Lotus, en 2008, sur le morceau Testament, qui lui permet d’attirer l’attention du label britannique Warp et le lance définitivement dans la cour des grands !

La voix de Gonjasufi est spéciale et marque les esprits…. Elle a été décrite par le magazine Pitchfork, comme « un croassement en bataille, effrayant et enfumé qui se glisse comme la progéniture spirituelle de George Clinton et Lead Belly »… et c’est vrai que sa voix semble monter du fond de ses entrailles, et être en même temps totalement désincarnée.

Les amateurs de yoga s’en réjouiront… c’est via la respiration et la gestion du souffle (le pranayama, comme on dit) qui lui a permis de découvrir comment chanter !

Mais au fond, pourquoi est-ce que j’aime sa musique ?

D’abord, j’aime sa voix… si spéciale.

Ensuite, j’aime ce mélange surprenant de hip-hop américain (californien surtout), de musique orientale, d’influences africaines, de soul… de chants en langues qu’on ne comprend pas et que sais-je encore. Gonjasufi sait me faire voyager vers des terres que je ne connais pas et que j’aime à imaginer  Le tout sur un rythme lent, chaud et suave !

Pour finir, je ne sais pas pourquoi mais j’aime le crépitement de l’enregistrement… jamais trop propre… qui sent le désert, le feu de bois, le sable dans les rouages et qui sublime le tout.

C’est une musique sans âge et sans lieux… avec tellement d’influences qu’on ne les reconnaît plus ! Gonjasufi, c’est de la grande musique à écouter en voyage, en road trip, sur un hamac face à la mer, ou dans le train pour oublier où on se trouve !

GONJASUFI. Mu.zz.le (Warp, 2011)   Disponibilité

GONJASUFI. A sufi and a killer (Warp, 2009)   Disponibilité

5 septembre 2014 at 3:33 Laisser un commentaire

Faire du neuf avec de l’ancien

Alexandre+Danilevski_The_Uncertainty_Principle_cover[1]Après quelques albums qui exploraient les répertoires du Moyen-âge et de la Renaissance, l’Ensemble Syntagma dirigé par Alexandre Danilevski, bascule dans une recherche esthétique contemporaine mais toujours sur instruments anciens.

En fait, il n’y a pas que les instruments qui soient anciens, le matériau musical aussi est d’avant-hier. De quoi brouiller les pistes et les références connues, ouvrir des fenêtres sur des paysages familiers mais inouïs à la fois. Une expérience musicale passionnante et d’une richesse multiforme.

 DANILEVSKI Alexandre. The uncertainty principle (Carpe Diem, 2012)     Disponibilité

Paul Kristof

1 septembre 2014 at 7:46 Laisser un commentaire

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