Quand jazz rimait avec libération

7 novembre 2011 at 6:10 Laisser un commentaire

Un dialogue entre Dieter Nanz, Jacques Demierre et le public

Rien qu’à poser le titre, nous nous trouvons devant des abîmes entremêlés : ceux provoqués par la définition de chacun des termes, puis ceux qui apparaissent de leur confrontation. Quand on parle d’improvisation libre, s’agit-il d’un pléonasme, d’un paradoxe, d’une argutie ou de quelque autre figure de style ? Que signifie improviser ? Qu’est-ce que la liberté en musique ? Peut-on improviser sans liberté ? La liberté est-elle possible sans limites ? Quelle est l’apport du bagage culturel de l’artiste dans l’instant sonore qui se crée ?
Bien sûr, Dieter Nanz et Jacques Demierre étaient là pour mettre les idées en mots, et ils l’ont fait avec intelligence et sensibilité. Mais parfois le sujet se dérobe aux définitions ; alors il reste le souffle du flûtiste dans son shakuhashi, le geste du pianiste dans son instrument aux sonorités détournées de leur mécanique première. A nous, il nous reste à observer l’attitude des musiciens devant le bruissement du silence, devant la page blanche qui n’est jamais blanche, puisque la texture même du papier est déjà une indication, une stimulation, une proposition.
Alors, progressivement, apparaît le portrait du musicien fait d’écoute, de respect, d’humilité même, mais aussi de confiance, de besoin impérieux de dire, d’être porte-parole, de remplir l’espace, de rassembler ce qui est épars, de disperser ce qui est congloméré, de briser les silences d’anges qui passent, de donner forme aux rencontres, de façonner l’éphémère.
Dans cette belle soirée de Salon musical, la multiplicité des questions a provoqué les questionnements, chacun induisant l’autre, générant le suivant. Creuser ensemble l’approfondissement du mystère de la création musicale, par rebonds successifs sur les facettes du mystère en forme de bris de miroirs. La dernière question est celle qui a reflété le trajet parcouru : Et la Beauté dans tout ça ? Question esquivée par les conférenciers, mais pouvait-il en être autrement ? Peut-être réussirons-nous à l’aborder un jour au Salon musical ? Qui sait. Ce serait passionnant. Mais même si on n’y arrive pas, peu importe : le voyage aura été si beau jusqu’à son émergence !
Paul Kristof

Vous retrouverez les références des oeuvres citées :
– dans la discographie de la soirée sur la page internet du Salon musical
– dans le catalogue en ligne sur le site des BM.

Prochain Salon musical à la Discothèque de Vieusseux,
le mercredi 1er février 2012 à 20 h.
Carte blanche à Nicolas Bolens, compositeur

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A british winter tale The Whitest Boy Alive

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