Posts tagged ‘Ballade’

Kings of Convenience ou les Rois de la convenance…

Disons-le d’emblée, tout semble convenu à l’écoute des Kings of Convenience. Ils n’ont d’ailleurs pas choisi ce patronyme par hasard, faisant preuve par là d’une excellente capacité de discernement quant à leur production musicale et sans doute aussi d’un peu de dérision. Bref, c’est de la musique très consensuelle qui plaît en principe à la majorité, pour ne pas dire à tout le monde. Du easy-listening quoi…

Le concept est assez simple. Prenez deux norvégiens au look savamment travaillé d’éternels étudiants, un peu de guitare et de piano, un répertoire de sympathiques mélodies empreintes de sensibilité, de joies simples et de petits bonheurs du quotidien, mélangez le tout et le tour est joué. Facile non ?

Les blasés, les jaloux et les médisants diront que ça pue le réchauffé et que Simon & Garfunkel avaient déjà fait la même chose il y a quarante ans. Et alors ? Si on a aimé Simon & Garfunkel, on n’en sera que plus heureux et c’est ça qui compte.

Ce qu’il y a de plaisant quand on écoute les Kings of Convenience, c’est que l’on a l’impression qu’ils ne jouent que pour vous. Un peu comme si vos voisins de palier ou vos meilleurs amis débarquaient à l’improviste dans votre salon pour boire un verre et que tout à coup, ils vous offraient un concert privé en tout intimité. Pour vous en faire la meilleure idée, lancez-vous dans l’écoute de leur second album Riot On An Empty Street.

Tout soudain, un petit air de printemps flotte dans l’atmosphère et vous vous sentez bien. La vie est belle non ?

Christian

Kings of Convenience. Riot On An Empty Street (Mawlaw Source, 2004). Disponibilité.

Kings of Convenience dans les collections des BM.

Le site Internet des Kings of Convenience.

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30 mai 2011 at 7:59 Laisser un commentaire

Richard Hawley – Coles Corner

Richard Hawley, c’est d’abord une voix. Une voix grave, chaude et qui a du coffre comme celle de Nick Cave, de Kurt Wagner (Lambchop) ou de Brad Roberts (Crash Test Dummies).

C’est aussi un personnage attachant, un peu décalé, qui semble tombé du lit. Il y a sa dégaine : les cheveux à peine coiffés, des lunettes à l’épaisse monture noire et un costume de dandy élégant qui lui confèrent une attitude rock’n’roll un peu désuète. Il y a aussi ce regard de chien battu plein de tristesse, cette nonchalance, cette nostalgie d’un âge d’or révolu qui transpire à grosses gouttes. Richard Hawley cultive à la perfection son image de crooner fatigué, esseulé, un brin rebelle et en quête de rédemption.

Il y a enfin ses chansons. Disons-le d’emblée, la production musicale de Richard Hawley correspond exactement à l’image qu’il reflète. Des balades calmes et sensibles qui parlent d’amour, de détresse, de déceptions, qui font vibrer le cœur des célibataires tristes et arrachent des larmes à la ménagère.

Richard Hawley voue un culte sans limites à Elvis Presley. Il se dégage de sa musique un esprit rock’n’roll teinté de country et de blues qui nous envoie directement quelque part dans le Tennessee. L’imagination prend ensuite le relais pour planter le décor. Un bar pourri, une arrière salle aux fauteuils élimés, deux ou trois cow-boys perdus dans l’alcool, un couple désespéré, et ces accords de guitare qui résonnent à l’infini…

Coles Corner est le quatrième album de Richard Hawley, une petite merveille passée trop inaperçue et qui mérite beaucoup de considération. L’atmosphère nous berce, nous emporte, il se dégage de l’ensemble une certaine profondeur et beaucoup d’émotion.  La pièce maîtresse de l’album, c’est sans aucun doute The Ocean, une ballade langoureuse qui fera chavirer les plus fragiles. Coles Corner, le titre éponyme n’a rien à lui envier, tout comme Born Under A Bad Sign et Tonight.

Finalement, crooner c’est pas si ringard que ça…

Christian

Le site Internet de Richard Hawley.

Richard Hawley. Coles Corner (Mute Records, 2005)   Disponibilité

Richard Hawley dans le catalogue des BM.

16 mai 2011 at 7:59 Laisser un commentaire

Nick Drake – Five Leaves Left

Une fois encore, je dois remercier Gilles Peterson d’avoir élargi ma culture musicale et de m’avoir permis de découvrir Nick Drake. A l’aube des années 2000, j’écoute par hasard la compilation intitulée INCredible sound of Gilles Peterson et je m’éprends du titre River Man interprété par le jazzman Andy Bey.

Cette ballade aux sonorités éthérées et mélancoliques est une vraie petite merveille qui tient une place tout à fait particulière dans ma discothèque. A chaque écoute, une sensation de sérénité et de bien-être m’envahit. Les images défilent et me transportent à la Nouvelle-Orléans où j’imagine un vieil afro-américain abrité sous le porche de sa maison un jour de pluie qui entonne cet air une guitare à la main.

Au hasard de mes pérégrinations dans le vaste océan de l’Internet, je découvre presque dix années plus tard que River Man n’est pas un standard classique de la folk music américaine, mais une œuvre composée en 1968 par un jeune artiste emblématique répondant au nom de Nick Drake.

Mon cœur palpite soudain. Je suis toujours excité par de nouvelles découvertes sonores et remonter aux sources pour retrouver l’original est un jeu qui livre parfois de magnifiques surprises.

Ma chance, c’est que mes collègues discothécaires ont super bien fait leur boulot et que les 3 albums de Nick Drake figurent dans nos collection. Je me rue donc sur son premier opus intitulé Five Leaves Left sur lequel figure le tant convoité River Man et là… le bonheur ! Je tombe sur une perle de plus à rajouter à mon collier musical.

Five Leaves Left est un album à la beauté envoûtante, presque hypnotique : tout y baigne dans une atmosphère de sérénité, une invitation à la divagation de l’esprit et à la contemplation. Les compositions de Nick Drake sont vaporeuses et automnales, elles coulent dans les oreilles comme le bruit paisible d’un long fleuve tranquille.

Du début à la fin de l’album, nous sommes dans le pur registre de la ballade : calme, douceur et instruments acoustiques. La constance est remarquable et nous laisse une impression de cohérence et d’intégrité rare, celle d’une œuvre ciselée dans le détail et la perfection.

La carrière musicale de Nicholas Rodney Drake aura été aussi courte que le passage d’une météorite dans notre constellation : 3 albums entre 1969 et 1972 puis le trou noir, sans retour. Rongé par la mélancolie et la dépression, Nick Drake succombe à une surdose médicamenteuse dans sa 27e année sans rencontrer de son vivant le succès mérité.

Quelques années seront nécessaires pour que son œuvre soit redécouverte et considérée à sa juste valeur. Beaucoup d’artistes évoquent aujourd’hui son influence et le classent parmi les auteurs-compositeurs les plus influents de la seconde moitié du XXe siècle, une juste reconnaissance.

Christian

Nick Drake. Five Leaves Left (Island Rykodisc, 1970) Disponibilité

Nick Drake dans les collections des Bibliothèques municipales.

L’interprétation de River Man par Andy Bey est disponible dans l’album Shades of Bey et dans la compilation INCredible sound of Gilles Peterson.

29 octobre 2010 at 7:59 Laisser un commentaire

Emilíana Torrini – Me and Armini

Il y a des voix dont on tombe instantanément amoureux. Ca m’est encore arrivé récemment en découvrant Emilíana Torrini. Si j’avais été Ulysse, j’aurais succombé aux charmes de cette sirène. J’aurais refusé d’être ligoté au mât de mon navire et me serais brisé dans la mer…

Fort heureusement, Emilíana Torrini n’est pas une vraie sirène malgré ses avantages qui lui procurent des capacités d’envoûtement évidentes. Emilíana Torrini est magnifique. Elle tient sa beauté d’un père italien qui lui a donné tous les charmes de la Méditerranée et d’une mère islandaise qui lui a instillé ce tempérament de geyser imprévisible.

Emilíana Torrini, vous l’avez peut-être entendue l’été passé à la faveur de ce qu’on a cru être le tube de l’été : Jungle Drum. Un clip un brin déjanté aux sonorités rock’n’roll et exotiques qui a failli la faire passer pour un pâle avatar de Björk. Heureusement, la demoiselle a un passé bien plus chargé que ça. Elle a notamment collaboré avec GusGus, Sneaker Pims et Thievery Corporation, et a déjà 5 albums à son actif.

Son registre musical se situe plutôt quelque part entre Kings of Convenience, Cat Power et le trop discret Jim White. De la folk acoustique avec parfois des relents de trip-hop, des ballades douces, aériennes, vaporeuses, un délice pour une soirée calme dans laquelle on veut pouvoir s’entendre parler.

Je ne saurais que trop vous conseiller son bel album Me and Armini sorti sur le label Rough Trade (!) en 2008, dispo dans nos bacs quand il n’est pas emprunté bien sûr. Ecoutez voir Birds, Ha Ha et Jungle Drum par exemple, et faites-les découvrir à vos amis. Ils seront emballés eux aussi !

Christian

Le site Internet d’Emilíana Torrini.

Emilíana Torrini dans le catalogue des BM.

28 septembre 2010 at 6:15 Laisser un commentaire


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