Posts tagged ‘Musique de film’

Kitsch, clin d’œil et chef-d’œuvre de la parodie

 PRISON SPÉCIALE (Prigione di donne). – 1974. – A. Verrecchia

Genre : kitsch. Le principe du kitsch, c’est quand « l’artiste » n’est pas tout à fait sûr que vous ayez bien compris ce qu’il a voulu exprimer. Alors il sur-joue sa partition. Quand un violon pleure, il doit, en plus, montrer qu’il pleure en d’ostentatoires dégueulandos. Lorsqu’une guitare souffre, elle doit, en plus, le montrer en de laborieux solos saturés, avec le rictus de douleur du musicien en prime.

Bien sûr, vous pourriez vous insurger : « C’est bon, c’est bon, on a compris ! ». Mais si vous n’arrachez pas le casque de l’oreille à ce moment-là, c’est que vous vous faites complice consentant de « l’artiste ». De simple auditeur vous devenez « celui qui écoute et qui montre qu’il écoute et qui montre que ce qu’il écoute lui fait beaucoup d’effet ». Dès lors, il n’y a plus aucune raison que vous écrasiez furtivement une larme en écoutant l’imitation du « Concerto pour une voix » de cet album : c’est fait pour ça.

 THE SEVEN MAGNIFICENT GLADIATORS. – 1984. – D. Seltzer

Après avoir cloné les Sept samouraïs nippons pour en faire sept mercenaires (ni mauvais) du Far-West empoussiéré, il n’y avait aucune raison de se priver de sortir du même moule des gladiateurs antiques aux muscles luisants. Manifestement, ce que le remake du remake perdait en magnificence, il devait le compenser en érotisme, en comique et autres ingrédients propres à faire vendre la marchandise. La musique, pour sa part, est aussi une guirlande de plaisants clins d’œil aux produits génériques du genre : péplums, western, citations plus ou moins explicites de l’original, etc.

L’intérêt ici n’est justement pas l’originalité mais le respect des poncifs ; un procédé par imitation qui place le spectateur/auditeur en terrain connu. Ca tombe bien, c’est justement ce qu’il était venu chercher en regardant le film ou en écoutant le CD.

 Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION (Airplane !) – 1980. – E. Bernstein

Chef-d’œuvre de la parodie humoristique, « Y a-t-il un pilote dans l’avion » effeuille tous les poncifs du cinéma étasunien, à commencer par le film-catastrophe, puis le suspens, la guimauve, l’exotisme, le triller, le film de guerre et j’en passe. La musique suit la même pente savonneuse en un dérapage savamment contrôlé. C’est tout à fait désopilant et ça participe pleinement à la drôlerie du film. Le début de l’album est une citation éhontée des « Dents de la mer », puis Elmer Bernstein parcours avec gourmandise tous les genres possibles, comme une anthologie de l’histoire la musique de film. A écouter pour vérifier votre niveau de connaissances en la matière.

Paul Kristof

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30 avril 2012 at 7:59 Laisser un commentaire

Le diable, c’est à quelle adresse ?

Le cinéma est certainement le genre artistique où le Diable est le plus présent. C’est en tout cas le lieu où il se sent le plus à l’aise. A preuve, tous les films où il est plus ou moins le personnage central de l’histoire, jusqu’à ceux destinés au jeune public. Harry Potter en est un exemple.

Plus étonnant : si par sa nature protéiforme, les contours du Malin sont aussi divers que l’imagination humaine, son habillage musical répond à des codes assez stricts qu’on retrouve avec permanence dans nombre de films où il réside, quelle que soit l’époque de production. Généralement, il n’y a pas besoin d’en écouter longtemps pour y reconnaître à coup sûr l’Esprit des Ténèbres !

Paul Kristof

DESPLAT, Alexandre. Harry Potter et les reliques de la mort, vol. 2 (Water Tower, 2011)   Disponibilité

 

23 février 2012 at 7:59 Laisser un commentaire

Les Océans de David Holmes

Il y a des détails qui peuvent tout gâcher. Un mauvais choix musical et c’est toute l’âme d’un film qu’on flingue. Imaginez un peu qu’on vous balance le mythique Tirelipimpon de Carlos au moment où Harry Callahan sort son Magnum .44

… brrrrr, ça fait froid dans le dos !

Parmi les compositeurs qui excellent dans la bande originale et qui ne gâchent rien, il y a David Holmes. Vous l’avez certainement entendu en vous pâmant d’admiration à la vue du beau Brad et du beau George qui dévalisent un casino avec leur bande de potes. Ils faisaient ça en musique, et la musique, ben c’est justement David qui l’a faite.

David Holmes est né à Belfast. Dj et producteur, il a déjà 5 albums perso à son actif ainsi que la composition d’une bonne trentaine de B.O. Tombé dans la marmite électronique dès son plus jeune âge, on ne s’étonne pas qu’il en instille les influences ça et là dans ses morceaux.

Et comme on dit à Bourrignon dans le Jura : « C’est dans les marmites qu’on fait la meilleure électro. » Bref…

Sa musique se distingue entre autres par des sonorités jazz-funk des années 70-80 à la sauce trip hop voire big beat, mâtinées de piano électrique et de lignes de basse généreuses. Une espèce de musique de supermarché en vachement mieux parce qu’il y a beaucoup de talent et de travail dedans.

Du coup, cela donne souvent un son lounge qui crée une ambiance des plus sympa. Bon soyons francs. Vous ne transformerez pas votre miteux trois pièces en ultime chill-out de la branchitude rien qu’en balançant du David Holmes quand vous invitez des amis. Vous pouvez rêver mais il faudra quand même passer un coup d’aspirateur et ranger les chaussettes qui traînent. Et pis le slip aussi, là… sous le fauteuil. Si, si !

Christian

David Holmes. Bow down to the exit sign (Go!Beat, 2000)   Disponibilité

L’excellente série des Ocean’s aux BM.

Le site Internet de David Holmes.

PS : Ah oui, et pour finir en beauté regardez aussi cette vidéo de l’homonyme de David Holmes, un certain… David Holmes. Il est steward dans une compagnie d’aviation américaine et il détend tout le monde avant le décollage (sauf ceux qui n’aiment pas le rap).

25 mars 2011 at 7:59 Laisser un commentaire

Morricone, ou le pouvoir de la musique

Dans ce film confidentiel de 1972, Morricone révèle en musique les affres d’un cerveau apparemment dérangé.

Apparemment car, ne l’ayant pas vu, il nous est impossible de dire si cet adolescent enfermé dans un hôpital psychiatrique est bien le meurtrier de son père ou non. Peu importe. La musique, elle, se développe, en thèmes tendres au  simplisme étudié, en polytonalités pénétrantes comme les vrilles d’une chignole, en mélanges de genres, d’instruments et de saveurs comme seul – et avant tout le monde – savait le faire le grand Ennio Morricone.

Finalement, même la citation de la « lettre à Elise » ne nous révèle pas la vérité, et c’est tant mieux : la musique garde ainsi le pouvoir extraordinaire de tout dévoiler au cœur sans rien dire au cerveau. Dès lors, le Diable peut bien y habiter, il n’empêchera pas la musique d’être belle et de nous toucher au coeur.

Paul Kristof

MORRICONE, Ennio. Il diavolo nel cervello (Dagored, 2001)   Disponibilité

13 juillet 2010 at 7:59 Laisser un commentaire


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... le blog musical du réseau des Bibliothèques et Discothèques Municipales de la Ville de Genève (BM). Il a pour but de mettre en valeur les collections et les animations associées à la musique aux BM plus...

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