Posts tagged ‘Musique de films’

Les Baxter, le rêve américain et les Vahinés

 Les Baxter était un pianiste, compositeur et arrangeur extrêmement prolifique. Il produisit des musiques pour la plupart des groupes de swing des années 40 et 50.

C’était aussi un des créateurs du style « exotica » qui a nourri le phantasme collectif le plus répandu du rêve américain : la Vahiné polynésienne (la Carmen cubaine ou la Métis brésilienne feront aussi l’affaire). L’exotica est la branche ensoleillée de l’énorme production de « l’easy-listening » américain, musique du bonheur facile par excellence.

Baxter a en outre composé des quantités de musiques de films. A l’écoute de « Panique année zéro » pour big band de jazz, puis les B.O. De « Marco Polo », variations orientalisantes pour orchestre classique, et « Le masque du démon », film d’horreur, on est impressionné par la richesse de la palette expressive – donc du talent – de ce compositeur.

Paul Kristof

BAXTER, Les. Panic in year zero (La-la-land, 2009)   Disponibilité

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30 novembre 2012 at 7:59 Laisser un commentaire

La chanson du film [site internet]

Dans la même veine que mon article sur le site On ne connaît pas la chanson… ce site hyper ludique, s’intitulant La chanson du film, permet de se promener dans un vieux cinéma – qui n’est autre que le Trianon de Paris – avec sa souris… de cliquer où on veut, comme dans un bon vieux jeu d’aventures sur PC, tout ça pour découvrir la chanson liée au cinéma, de 1931 à aujourd’hui…

Dans chaque recoin du cinéma (billetterie, poste d’informations, salle et même cabine de projection), on peut découvrir les coulisses de l’histoire de la chanson de cinéma : ses compositeurs et interprètes principaux, des extraits de films, des loges de chanteurs-comédiens…

Et le must du must… pour tous les amateurs de quizz musicaux et de blind-tests…. un jeu musical nous propose de reconnaître des bandes originales de films!

Bref, un chouette moment à passer sur un site très bien conçu et réalisé par le fameux Hall de la Chanson!

Une fois le tour de ce site fait, n’hésitez pas à venir écouter les bandes originales complètes aux Discothèques Municipales!

Karine

28 août 2012 at 12:34 Laisser un commentaire

Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal

Certaines musiques sont les véritables signatures de sagas cinématographiques planétaires, ainsi que les traits d’union entre les épisodes, au même titre que les personnages. Le thème de James Bond en est un exemple caractéristique, celui d’Indiana Jones en est un autre.

Le génie de John Williams n’est pas seulement d’avoir su inventer un thème impérissable, mais aussi que celui-ci puisse servir de trame à des citations et des développements sans fin. Indiana Jones et le crâne de cristal est le 4ème épisode de la saga, et toujours aussi fringant.

 Paul Kristof

WILLIAMS, John. Indiana Jones and the kingdom of the crystal skull (Concord, 2008)   Disponibilité

10 juillet 2012 at 7:59 Laisser un commentaire

B.O. nouvelles acquisitions : quelques coups de cœur

The Werner Herzog soundtracks / Popol Vuh

Coffret de luxe pour une collaboration mythique entre musique et cinéma. Popol Vuh est un groupe de rock planant (et néanmoins allemand), rayon Kraut-Rock (Rock choucroute !). Une musique bien moins fermentée que le chou du même nom, même si elle avait abondamment mariné dans toutes les substances psychotropes illicites disponibles sur le marché de l’époque.

Contient : Aguirre, la colère de Dieu (1972), Cœur de verre (1976), Nosferatu, fantôme de la nuit (1979), Fitzcarraldo (1982), Cobra verde (1987).  

 VUH, Popol. The Werner Herzog soundtracks (SPV, 2011)   Disponibilité

Agora / Dario Marianelli

Le film d’Alejandro Amenabar se définit en 3 mots : « le premier péplum philosophique ». Imaginons un instant la musique qui va avec… Stop, vous avez trouvé : c’est exactement celle-là ! Aussi belle que Rachel Weisz dans le rôle Hypatie d’Alexandrie découvrant  le système solaire et l’héliocentrisme avec 1300 ans d’avance sur son temps !

 MARIANELLI, Dario. Agora (Warner, 2009)   Disponibilité 

La herencia Valdemar / Arnau Bataller

Cette bande originale risque bien de passer inaperçue, puisque le film n’est pas sorti sur les écrans francophones. Elle vaut pourtant la peine d’y prêter une oreille bienveillante, ne serait-ce que pour y découvrir une musique soignée et délicate au parfum gothique interprétée par un orchestre pharaonique (et néanmoins slovaque !).

 BATALLER, Arnau. La herencia Valdemar (Saimel, 2009)   Disponibilité

The killing room / Brian Tyler

Brian Tyler fait partie de la jeune génération de compositeurs se consacrant principalement à la musique de films. Il est actuellement un des plus actifs et prometteurs dans son genre. La bande originale de Killing room est  une musique répétitive, suspendue, tendue vers une résolution qui ne viendra jamais.

TYLER, Brian. The killing room (Varèse Sarabande, 2009)   Disponibilité

Laisse moi entrer (Let me in) / Michael Giacchino

Dur métier que celui de compositeur de musiques de films ! Il faut savoir enchaîner des ambiances et des écritures aussi diamétralement différentes que « Là-haut » en 2009 et « Laisse-moi entrer » en 2010. Alors qu’il cultive la légèreté et la poésie primesautière dans le premier, il enfonce l’auditeur dans une atmosphère vampirique, ombrageuse et gravement malsaine dans le deuxième… avec la même maestria.

 GIACCHINO, Michael. Let me in (Varèse Sarabande, 2010)   Disponibilité

 Paul Kristof

19 juin 2012 at 3:50 Laisser un commentaire

Fahrenheit 451

La musique de Fahrenheit 451 est signée Bernard Herrmann, le compositeur préféré d’Alfred Hitchcock.

Avant l’écoute du disque, on ne peut qu’avoir un mouvement de recul, en constatant que l’album ne compte pas moins de 55 plages, correspondant au découpage des séquences du film. Chaque morceau ne dure qu’une minute, à peu près.

Pourtant, à aucun moment, cette bande originale ne donne l’impression d’une musique morcelée, au contraire : une parfaite unité tend le fil du discours musical du début à la fin de la partition. Unité qui donne immédiatement son autonomie à la musique, en dehors du film pour laquelle elle a été composée. Cette qualité est assurément la marque qui distingue les plus grands compositeurs du genre.

L’enregistrement du présent album a été réalisé en 2007 par l’Orchestre Symphonique de Moscou, en hommage au grand compositeur, dont on fêtait le centenaire de la naissance le 29 juin de cette année.

Paul Kristof

HERRMANN, Bernard. Fahrenheit 451 (Tribute, 2007)   Disponibilité

28 octobre 2011 at 7:59 Laisser un commentaire

Le rock-macaroni qui fait froid dans le dos et chaud aux oreilles

Goblin est un groupe de rock progressif italien dans la mouvance européenne et électronique, celle qu’on appelait le kraut-rock quand elle venait d’Allemagne. Pour les Goblin, il s’agissait plutôt de rock-macaroni, le spaghetti étant déjà pris pour les westerns du même nom.

Alors que les bandes originales des western-spaghettis étaient le quasi-monopole du grand Ennio Morricone, les Goblin s’étaient spécialisés, eux, dans l’horreur et le suspense en une collaboration privilégiée avec le réalisateur Dario Argento.

La méthode de travail du couple Argento-Goblin était particulière et laissait à la musique une place prépondérante dans l’esthétique générale du film. Elle était enregistrée indépendamment de l’image, ce qui laissait aux musiciens toute liberté de développer la musique sans les tyrannies du minutage imposé. Le film était tourné et monté après, sur la musique. On dit même que D’Argento passait la musique à plein volume sur les plateaux de tournage pour mettre les acteurs en condition.

Paul Kristof

Retrouvez Goblin et ses musiques de films aux BM

   

13 août 2011 at 7:59 Laisser un commentaire

Musiques de films : mes derniers coups de cœur

ANTHOLOGIE. Orphée – Ruy Blas – Thomas l’imposteur – Les parents terribles / Georges Auric Georges Auric (1899-1983) a été membre en 1920 du « Groupe des 6 » dont Cocteau et Satie étaient respectivement les maîtres à penser et modèles pour une musique française en réaction contre l’impressionnisme de Debussy et contre toute forme de « wagnérisme ». Mais, on le sait avec le recul, la plus grande réussite des ces compositeurs (Poulenc, Honegger, Milhaud, Duret, Tailleferre et Auric) fut moins d’avoir inventé une esthétique nouvelle, que d’avoir su préserver leur style propre. Auric devint le compositeur attitré de Cocteau, homme de théâtre puis surtout de cinéma. C’est donc pour le 7ème art qu’Auric produisit la majeure partie de son œuvre.
Hommage aussi au chef suisse Adriano qui a reconstitué et dirigé ces belles pages qui font assurément partie du patrimoine de la musique comme du cinéma.

LE GRAND SOMMEIL (The big sleep).
J. Fielding (1978)
Remake du chef-d’oeuvre de Howard Hawks (avec les mythiques Bogart et Bacall), paru en 1946. La présente version est celle de Michael Winner, avec les presque aussi mythiques Mitchum et Sarah Miles. La somptueuse musique de Jerry Fielding n’a rien à envier à celle de Max Steiner ; musique qui mélange grand orchestre symphonique, big-band de jazz et instruments électriques. Les années septante sont une époque où ce genre de mélange d’ingrédients sonores pouvait être encore perçu comme une transgression tout à fait jouissive. C’est cette jouissance exubérante qu’on entend dans ces pages.

MARS ATTACKS ! D. Elfman (1996)
« … Jolie planète. On la prend. » Quand la nuée de soucoupes volantes en formation de combat assombrit le ciel, les Terriens ne réagissent pas tous de la même manière. C’est normal. Mais outre les milliers de soucoupes volantes, la prise de la planète Terre par les Martiens aura aussi nécessité un orchestre aux dimensions pharaoniques : 134 cordes (dont 22 contrebasses !) et presque autant de bois, cuivres, percussions et autres instruments additionnels. Berlioz l’a rêvé, Mahler l’a espéré, Danny Elfman, Tim Burton, et surtout les producteurs l’ont fait ! Mais, bien sûr, c’était avant la crise économique.

SATAN MON AMOUR (The Mephisto waltz) (1971) – L’AUTRE (The other) (1972).
J. Goldsmith
La femme d’un chroniqueur musical découvre que le corps de son mari est possédé par un pianiste génial et signe un pacte avec Satan ! Une mise en abyme de la célèbre Méphisto Valse de Liszt – et ses fameuse diableries archétypiques telles le thème du Dies Irae et autres Toten-Tanzen – avec les ingrédients dodécaphoniques du siècle. Du Goldsmith au sommet de son art.

SUSPIRIA. Goblin (1976) Attention, musique culte : la bande originale de Suspiria est un incontournable du rock gothique, avec quelques années d’avance sur son temps. La collaboration de Dario Argento et du groupe de rock expérimental Goblin fut d’ailleurs un mariage artistique tout à fait étonnant qui se poursuivit sur plusieurs tournages du réalisateur dans les années 70. La musique des Goblin contribue non seulement à l’esthétique générale des films d’Argento, mais a également rendu célèbre le groupe qui n’a, pour ainsi dire, pas survécu à la collaboration. On dit qu’Argento passait la musique des Goblin à plein volume sur le plateau de tournage pour mettre les acteurs dans l’ambiance.

Paul Kristof

14 juin 2011 at 7:59 Laisser un commentaire

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